Prix Jacques-Brossard/Centre québécois du P.E.N. international 2020 décerné à Yvon Rivard

Montréal – 19 septembre 2020 — Le Centre québécois du P.E.N. international est heureux de vous annoncer que le Prix Jacques-Brossard/Centre québécois du P.E.N. international 2020 – et la bourse de 5 000 $ qui s’y rattache – est attribué unanimement par son jury au professeur, écrivain et essayiste québécois Yvon Rivard.

La remise du prix littéraire Jacques-Brossard/Centre québécois du P.E.N. international a eu lieu le lundi 21 septembre 2020 à BAnQ.

Dans Le chemin de l’école, recueil d’essais sur l’éducation publié chez Leméac en 2019, Yvon Rivard expose longuement et avec justesse la nécessité pour l’écrivain de savoir renoncer à la pensée, à la raison et à l’esprit analytique pour s’en remettre à la sensation au moment d’appréhender le monde à travers la littérature. Il n’a jamais cessé d’approfondir et de nuancer réflexions et émotions sur les valeurs qui fondent l’humanité. Pour lui, la pensée relève avant tout d’une expérience amoureuse, où l’abandon à l’autre est de mise. Et l’autre de la pensée, c’est le monde.

Il balade sa pensée entre ses fonctions de professeur, d’essayiste et d’écrivain. Il est celui qui transmet l’héritage en même temps que les moyens de le régénérer. L’école de ce professeur est lieu, écrit-il, de « fortification du rêve, du jeu et de la pensée, un lieu qui ne s’ouvre sur le monde que par ses fenêtres ». Pour Yvon Rivard, l’éducation n’est pas un objet d’étude, mais l’un des pôles de son œuvre. Il y introduit une dimension morale, un cadre et des limites qu’on avait oubliés au cours des dernières décennies. Et tout autant, il fait montre d’attention, de douceur et d’émerveillement, comme il se doit devant une intelligence en éveil.

Dans Le dernier chalet, paru en 2018 chez Leméac, le narrateur écrivain s’interroge sur la meilleure façon de rester vivant : par le mouvement et la parole ? ou par l’immobilité et le silence ? L’une ou l’autre attitude a engendré deux familles d’écrivains très différentes, fait-il remarquer : les écrivains de la soustraction, les écrivains de la répétition. Yvon Rivard reconnaît qu’il appartient à la première.

Dans chaque livre, il se déleste, ou plus exactement apprend à se délester de ce qui encombre l’esprit, distrait de l’essentiel, empêche de voir la tâche assignée à tout être vivant : faire coïncider ce qui est et ce qu’il est :  « ne pas se contenter de vivre au bord de sa vie, mais maintenir vivant la vie en nous, conquérir son humanité en reliant sa vie à la vie, grâce à l’art, à la beauté, et au contact de la souffrance qui maintiennent ouvert le cœur. Et je ne saurai ici passer sous silence ce qui revient sans cesse sous la plume de Rivard et qui est le nom de cet horizon qui est souffle et espérance, à savoir l’infini. Un grand mot qui effraie et pourtant, il est aux sources de l’être, car désir ».

Gracieusement pourvu grâce à un legs testamentaire de monsieur Jacques Brossard, ce prix vient récompenser « l’auteur d’un ouvrage d’essai ou de fiction publié en français au Québec (langue originale ou traduction), centré sur l’humanisme ou la spiritualité et qui fait la défense et l’illustration des valeurs de l’esprit et des valeurs propres à la personne humaine ».

Le jury était composé de madame Marie-Andrée Lamontagne et de messieurs Georges Leroux et Jean-Claude Ravet.

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