
Un tribunal de Hong Kong a condamné à 20 ans de prison l’ex-magnat des médias prodémocratie Jimmy Lai pour collusion avec l’étranger et publication séditieuse, un jugement qui, pour les défenseurs des droits de la personne, sonne le glas des libertés dans ce territoire.
- 9 février 2026
Holmes CHAN et Tommy WANG, Agence France-Presse
La peine, prononcée malgré les pressions étrangères, est la plus lourde jamais infligée au titre de la loi sur la sécurité nationale imposée en 2020 par la Chine après les manifestations en faveur de la démocratie, parfois violentes, qui avaient secoué l’année précédente Hong Kong, rétrocédé par le Royaume-Uni en 1997.
Londres a promis d’intervenir « sans délai » en faveur de Jimmy Lai, qui détient un passeport britannique. Les autorités hongkongaises ont répliqué que M. Lai était un citoyen chinois et qu’elles ne reconnaissaient pas la double nationalité.
Pékin a jugé la condamnation « légitime » et a rejeté les ingérences étrangères.
Ce qui n’a pas empêché le secrétaire d’État américain Marco Rubio de juger la condamnation « injuste et tragique ». En accusant dans un communiqué le pouvoir chinois d’être « prêt à tout pour faire taire ceux qui défendent les libertés fondamentales à Hong Kong ».
L’ancien homme d’affaires est emprisonné depuis 2020 et est maintenu à l’isolement, « à sa demande » selon les autorités.
Appel à Trump
Son fils Sebastien, inquiet pour la santé déclinante de son père âgé de 78 ans, a dit à l’AFP à Londres, là où il réside, espérer que le président américain Donald Trump pourra démontrer à son homologue chinois Xi Jinping que cette « persécution » est une « erreur ».
Pour lui, la peine équivaut en pratique à une « condamnation à mort », M. Lai ayant des problèmes de santé.
Pendant sa campagne électorale, le président américain Donald Trump avait promis d’obtenir la libération de Jimmy Lai, qui bénéficie d’un large soutien à Washington, tant chez les militants pour la démocratie que dans les groupes chrétiens, car c’est un catholique fervent.
Le président américain espère se rendre en Chine en avril, bien qu’aucune date n’ait encore été confirmée.
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