Lettre mensuelle de juillet et août 2013 de John Ralston Saul, président international, aux membres du PEN.

4 septembre 2013

Publications

le 3 septembre, 2013

 Chers membres du PEN, chères amies, chers amis,

D’ici quelques jours, plusieurs d’entre nous nous réunirons à Reykjavik pour le 79e Congrès du PEN international. Il va s’y passer bien des choses. En ce qui touche les droits, on fait fasse à des situations étrangement familières : il existe des questions sérieuses de droits de la personne dans toutes les grandes puissances du monde. Un trio de lois inacceptables en Russie. Les Etats-Unis qui président à une explosion de systèmes d’écoutes qui bouleversent deux siècles de progrès et de réglementation dans le domaine de la protection de la vie privée et de la liberté d’expression. Et puis il y a ce qui se passe en Chine.

 Et il y aura bien d’autres questions soulevées. L’occasion sera bonne d’élargir et de renforcer notre Déclaration sur le numérique, entre autres grâce à la présence d’un écrivain comme Douglas Coupland. Dans un autre ordre d’idée, l’Islande offre une des grandes réussites d’une langue qui a peu de locuteurs et qui pourtant devient de plus en plus forte. Reykjavik sera ainsi un lieu logique où élargir le rôle du Manifeste de Girone et conforter notre tâche d’appui aux langues menacées.

Grâce à un partenariat étroit entre notre Congrès international et le Festival littéraire international de Reykjavik, la littérature jouera un rôle central dans notre activité. Ce sera sûrement un modèle à suivre à l’avenir.

Le jour même du 40e anniversaire du coup d’état du Général Pinochet au Chili. Antonio Skármeta, du PEN du Chili, se joindra à nous. Et Kiran Desai présentera à l’Assemblée des délégués la candidature d’un nouveau Centre PEN basé à New Delhi.

On va aussi nous demander d’approuver la création d’un nouveau Centre au Myanmar. C’est un événement historique important puisque nous avons beaucoup travaillé depuis des décennies à défendre des prisonniers dans ce pays.

Fin juillet, notre Cercle des Éditeurs s’est réuni à Rangoun, une première pour le PEN. C’était un atelier du Cercle des Éditeurs visant à aider des maisons d’éditions émergentes à s’organiser professionnellement. Car enfin PEN est un mouvement qui appuie la littérature et la liberté d’expression. Sans un système d’édition organisé, ni l’une, ni l’autre ne peut fonctionner.

Ronald Blunden, le premier vice-président du groupe Hachette Livre, Jo Lusby, le directeur administratif de Penguin Asie du Nord et Ola Wallin, l’éditeur de Ersatz et membre du collectif de petits éditeurs suédois De Oberoende (et membre du Conseil du PEN suédois), ont passé trois jours avec quinze éditeurs birmans. Ils ont parlé de l’état de la publication sur place et ont passé en revue leurs besoins professionnels.

À un certain moment, Olin a expliqué que de petits éditeurs pouvaient sauver de l’argent en coopérant les uns avec les autres. Il cita en exemple un entrepôt centralisé. Le jour même, des éditeurs locaux sont allés se louer un entrepôt commun.  L’idée est que ce genre d’atelier peut aider à asseoir plus solidement et d’une manière pratique la littérature et la liberté d’expression.

Pendant cette même semaine-là, il y a eu des réunions d’écrivains et d’éditeurs afin de mettre en place la création d’un Centre PEN du Myanmar. Notre Secrétaire international, Hori Takeaki et notre Directrice exécutive, Laura McVeigh, y étaient.

Il faut maintenant nous demander comment assurer le suivi de cette réunion et où aura lieu le prochain atelier. Nous pourrons en parler à Reykjavik, mais aussi à la Foire du Livre de Frankfort.

Celui-ci sera le dernier Congrès d’Eric Lax en tant que Trésorier international. Il a accompli une tâche remarquable dans une foule de situations au service du PEN, il a été présent dans chaque aspect de notre travail, que ce soit lors de missions que nous avons accomplies ou pour élaborer des stratégies.

Et ce sera aussi le dernier congrès de Haroon Siddiqui en tant que membre du Board.  Il y a joué un rôle très important, en plus d’œuvrer sans cesse dans le comité des finances. Sa capacité d’analyse a été d’une très grande valeur.

Et pour finir, ce sera également le dernier congrès d’Edvard Kovacs en tant que président du Comité de la paix. Il s’est consacré à l’élargissement du rôle du comité pour en assurer le développement durant les prochaines années.

J’espère que vous aurez l’occasion de manifester votre reconnaissance à ces personnes de vive voix.

Je veux laisser les dernières paroles de cette lettre à Halldór Laxness:

… les livres sont la richesse la plus précieuse qui soit, les livres ont conservé la vie de la nation malgré les monopoles et les pestes, malgré les éruptions volcaniques, sans oublier les tonnes de neige qui sont tombées sur les fermes  éparpillées  de ce pays pendant la plus grande partie de chacune des mille années de son existence.

Avec mes salutations les plus amicales.

John Ralston Saul
Président international

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