Iran : Narges Mohammadi, prix Nobel de la paix 2023, écrit depuis sa cellule  

D’après Pierre-Henry Deshayes, Agence France-Presse, La Presse, 1er novembre 2023

(Oslo) « La victoire est certaine » : la militante iranienne des droits des femmes, Narges Mohammadi, lauréate du Nobel de la paix, a fait passer en cachette depuis sa cellule un message dans lequel elle s’en prend vivement au pouvoir à Téhéran.

Dans ce message, lu en français par sa fille, Kiana Rahmani, et diffusé sur le site officiel Nobel, la militante et journaliste de 51 ans exprime sa « gratitude la plus sincère » au comité Nobel norvégien, critique de nouveau l’obligation faite aux femmes en Iran de porter le voile et fustige les autorités iraniennes.

« Le hijab obligatoire est la source principale de domination et de répression dans la société, visant à maintenir et à perpétuer un gouvernement religieux autoritaire », déclare-t-elle par la voix de sa fille de 17 ans, réfugiée en France avec le reste de sa famille.

« Un gouvernement qui a institutionnalisé la privation et la pauvreté dans la société depuis 45 ans. Un gouvernement fondé sur le mensonge, la tromperie, la ruse et l’intimidation. Un gouvernement qui a mis en péril la paix et la stabilité dans la région et dans le monde par ses politiques belliqueuses », dit-elle.

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Narges Mohammadi a entamé — et cessé — une grève de la faim

D’après Farnaz Fassihi et Cassandra VinogradNew York Times

– 6 novembre 2023

Narges Mohammadi a entamé une grève de la faim, après s’être vu refuser des soins hospitaliers pour deux artères coronaires obstruées, a déclaré sa famille.

Mme Mohammadi purge une peine de 10 ans d’emprisonnement dans la tristement célèbre prison d’Evin, accusée de « propagande contre l’État »; mais elle continue de critiquer avec véhémence le gouvernement, même derrière les barreaux. La semaine dernière, elle a refusé de se couvrir les cheveux avec le hidjab obligatoire lorsque les autorités carcérales ont voulu la transporter à l’hôpital. En réponse, les autorités lui ont dit qu’elle ne serait pas libérée pour qu’on lui administre les soins médicaux appropriés, selon son mari, Taghi Rahmani.

« Nous sommes très inquiets, car il y a tout un historique de prisonniers morts incarcérés après une grève de la faim », a déclaré M. Rahmani lors d’une entrevue. « Sa vie est en danger. »

Mise à jour du 10 novembre : Narges Mohammadi a annoncé avoir cessé sa grève de la faim après avoir obtenu d’être transférée à l’hôpital sans se couvrir la tête, selon un message transmis par sa famille.

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