
- 14 novembre 2023
PEN International exprime de profondes inquiétudes quant aux efforts continus déployés par les autorités de plusieurs pays européens pour restreindre les manifestations pacifiques propalestiniennes. PEN International exhorte les États à respecter, protéger et mettre en œuvre le droit de réunion pacifique sans aucune forme de discrimination.
Depuis que le Hamas a lancé une attaque sans précédent contre Israël le 7 octobre 2023, suivie des bombardements et du siège total de Gaza par Israël, des manifestants pacifiques à travers l’Europe ont cherché à appeler à la fin des atrocités. Pourtant, les autorités de divers pays — dont l’Allemagne, l’Autriche, la France, la Hongrie, la Suisse et le Royaume-Uni — ont interdit les manifestations propalestiniennes ou ont exercé des pressions politiques sur la police pour empêcher les rassemblements, restreignant indûment les droits à la liberté d’expression et à l’assemblée pacifique.
En France, le ministère de l’Intérieur a d’abord imposé une interdiction générale des manifestations propalestiniennes, avant que le plus haut tribunal administratif du pays, le Conseil d’État, ne l’annule le 18 octobre. En Allemagne, la police a réagi à la montée de l’antisémitisme en interdisant de manière préventive la plupart des manifestations propalestiniennes. Le 13 octobre, les autorités éducatives du Land de Berlin ont autorisé les écoles à interdire aux élèves de porter le drapeau palestinien, les foulards kufiya et les autocollants « Palestine libre ». Même là où les manifestations n’étaient pas interdites, certains responsables gouvernementaux ont activement cherché à les empêcher. Au Royaume-Uni, Suella Braverman, alors ministre de l’Intérieur, a exhorté la police à utiliser « toute la force de la loi » lors des manifestations propalestiniennes, qu’elle a qualifiées de « marches de la haine ». Elle a également suggéré que brandir un drapeau palestinien pourrait constituer une infraction pénale. Accusée d’avoir attisé les violences d’extrême droite à l’approche d’une manifestation à Londres le 11 novembre, elle a été démise de ses fonctions deux jours plus tard.
« Le droit international est très clair : les peuples du monde entier ont le droit de se rassembler pacifiquement pour exiger un changement. Toute décision d’interdire ou de disperser une manifestation ne doit être prise qu’en dernier recours. Pourtant, les manifestations pacifiques propalestiniennes continuent d’être illégalement restreintes ou diffamées à travers l’Europe. Les gens devraient être autorisés à soutenir les droits humains du peuple palestinien et à appeler à un cessez-le-feu. Alors que le conflit se déroule et que le blocus et les bombardements brutaux de Gaza se poursuivent, nous exhortons les autorités de toute l’Europe à garantir le droit des peuples à se rassembler pacifiquement et à s’exprimer », a déclaré Romana Cacchioli, directrice exécutive de PEN International.
P.E.N.-Québec a signé cette déclaration.
