
« PEN international condamne la multiplication des menaces de mort contre l’écrivain et universitaire Dinko Gruhonjić et exhorte les autorités serbes à faire tout ce qui est en leur pouvoir pour demander des comptes aux auteurs de ces actes. La situation de la liberté d’expression en Serbie se trouve à un point critique. Le dangereux cycle de l’impunité pour les crimes contre les écrivains et les journalistes — qui enhardit les auteurs et encourage de nouvelles menaces et attaques — doit prendre fin une fois pour toutes » — Ma Thida, présidente du comité des écrivains en prison de PEN International.
– 28 mars 2024
En effet, PEN International est profondément préoccupé par la sécurité de l’écrivain et universitaire Dinko Gruhonjić, qui fait l’objet d’une dangereuse campagne de diffamation, notamment de menaces de mort. L’organisation appelle les autorités serbes à respecter leurs obligations nationales et internationales de respecter le droit à la liberté d’expression et à assurer de toute urgence la protection de Gruhonjić et de ses collègues écrivains et journalistes indépendants qui se trouvent de plus en plus ciblés en raison de leurs opinions critiques. Tous les responsables de crimes contre les écrivains doivent répondre de leurs actes.
Dinko Gruhonjić, journaliste, écrivain et maître de conférences à la Faculté de philosophie de Novi Sad en Voïvodine, dans le nord de la Serbie, est confronté à une augmentation du harcèlement, des diffamations et des menaces de mort depuis le 14 mars 2024, à la suite de la publication d’une vidéo montée de toutes pièces dans laquelle Gruhonjić a été faussement présenté comme accueillant Dinko Šakić, reconnu coupable de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité pendant la Seconde Guerre mondiale. Le 21 mars, des inconnus ont peint des graffitis menaçants sur l’entrée de sa résidence, déclarant : « Dinko — Šakić pour la maison éternelle, tu es prêt ». Le même jour, son numéro de téléphone personnel a été divulgué, ce qui lui a valu de nombreuses menaces de mort. Les organisations nationales et internationales ont exhorté les autorités serbes à demander des comptes aux responsables. PEN International comprend que malgré le dépôt d’une plainte officielle, les responsables de l’application des lois n’avaient pas encore lancé d’enquête approfondie au moment de la rédaction de cet article. Les étudiants qui ont publiquement soutenu Gruhonjić ont également déclaré avoir reçu des menaces de mort.
