– 23 mai 2024
Il y a quelques années, la Tunisie suscitait l’admiration du monde en faisant une révolution qui devait instaurer la démocratie. La liberté d’expression en fut l’un des acquis les plus importants. Force est de constater que cette époque a été de courte durée. Le gouvernement du président en place ne tolère pas la critique et s’attaque à celles et ceux qui s’opposent à lui.
Les arrestations récentes de journalistes, d’avocats, de personnes appartenant à des ONG, (Tunisian Refugee Council, Terre d’Asile Tunisie) sont très préoccupantes. Tout indique un retour aux heures sombres d’une Tunisie autoritaire et hostile aux défenseurs des droits de la personne. Ainsi l’avocate Saadia Mosbah — actuellement détenue — est l’une des icônes de la lutte contre le racisme. Quant à Mehdi Zagrouba, l’un des avocats arrêtés, il a dû être hospitalisé, à la suite d’un malaise occasionné par les tortures qu’il aurait subies pendant sa détention.
D’autre part, l’intolérance gagne du terrain et aboutit à limiter la liberté de pensée des intellectuels et des chercheurs, créant un contexte qui a mené récemment à l’annulation de l’intervention de l’historienne Sophie Bessis lors d’un forum international consacré à la Palestine organisé par le FTDES (Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux) auquel elle était officiellement invitée.
