Nicaragua : Gioconda Belli, présidente de PEN Nicaragua, s’adresse au Conseil des droits de l’homme de l’ONU

– 11 septembre 2024

Lors de la 57e session du Conseil des droits de l’homme des Nations unies (du 9 septembre au 11 octobre 2024), Gioconda Belli, éminente écrivaine nicaraguayenne et présidente de PEN Nicaragua, a fait part de ses préoccupations concernant l’escalade de la répression des libertés civiles, notamment de la liberté d’expression, exercée par les autorités nicaraguayennes.

S’exprimant au nom de PEN International lors de la session de dialogue interactif du 10 septembre, madame Belli, qui vit actuellement en exil forcé, a souligné la persécution des organisations culturelles, le déplacement forcé de journalistes et la fermeture de médias et de groupes de la société civile, dont PEN Nicaragua, qui a été fermé par les autorités en février 2021.

Voici sa déclaration orale : 

Merci, monsieur le Président. 

Au nom de PEN International et de ses organisations sœurs, je salue le rapport du Haut-Commissaire sur les droits de l’homme au Nicaragua. Je suis Gioconda Belli, une écrivaine nicaraguayenne déchue de sa nationalité pour avoir exercé sa liberté d’expression. 

Parmi les 5 600 organisations qui ont été fermées depuis 2018 figure PEN Nicaragua, dont j’étais la présidente. Pendant quatorze ans, nous nous sommes battus pour la liberté d’expression et la promotion de la culture. Qu’arrive-t-il à un peuple privé de parole et d’information? Cinquante-six médias fermés, 277 journalistes en exil, des chaires d’église vidées de leurs prêtres critiques, des institutions culturelles telles que le Festival de poésie de Grenade, l’Académie de la langue nicaraguayenne, Books for Children, des universités privées fermés, et plus de 9 000 processions religieuses annulées.

Les actions et les discours du régime révèlent un travail systématique pour imposer un récit déformé de l’histoire et une culture d’annulation de nos valeurs et de nos traditions.

Ils imposent le silence aux citoyens dans le but de déformer la réalité et d’élaborer un credo préjudiciable aux nouvelles générations. L’âme du peuple nicaraguayen est en jeu. 

Nous demandons instamment aux États membres de continuer à dénoncer et à exiger la fin du harcèlement des voix critiques au Nicaragua. 

Nous vous remercions.

Plus d’info et vidéo, en cliquant sur français en bas à droite de l’écran. 

Laisser un commentaire