PEN Québec, PEN America et PEN Canada ont lancé le 1er avril un appel commun en faveur de la libre circulation des livres et de la littérature de part et d’autre de notre frontière commune.
Dans un contexte de tensions politiques croissantes entre les États-Unis et le Canada et de menaces grandissantes d’une guerre commerciale plus englobante, les effets en aval des droits de douane sur les autrices et auteurs, les lectrices et lecteurs, les éditrices et les éditeurs et sur les libraires seront profonds. Tout comme les éditeurs canadiens ont demandé au gouvernement canadien d’exempter les livres des droits de douane sur les produits américains, nous demandons aux gouvernements des deux pays d’adopter de telles mesures comme un minimum absolu. L’inaction risque d’avoir des répercussions à long terme sur la culture littéraire, conséquences qui pourraient s’avérer irréversibles.
Au nom des communautés littéraires de nos pays et du monde entier, nous lançons un appel aux gouvernements américain et canadien, aux maisons d’édition et aux institutions littéraires afin qu’ils tiennent compte des principes de la Charte internationale du PEN, selon lesquels les œuvres d’art sont « le patrimoine de l’humanité tout entière » et « la littérature ne connaît pas de frontières et doit rester monnaie commune en dépit des bouleversements politiques ou internationaux ».
Les mots et les idées n’appartiennent pas aux nations et aux États; la fermeture des frontières annonce la fermeture des esprits. Dans ce contexte, les idées et les informations doivent pouvoir circuler librement, antidote potentiel à l’ignorance et au chauvinisme. Nos écrivains ne seront pas forcés à se taire, que ce soit par la censure directe, l’intimidation, l’effet dissuasif des tensions politiques ou la création de barrières économiques.
Aujourd’hui, le spectre de l’animosité croissante entre nos pays est inquiétant et met en péril plus d’un siècle d’amitié et de bonne volonté. Les fondements de la liberté d’expression et de la démocratie, chéris autant par les Américains et les Canadiens, sont en jeu.
La littérature, la bonne littérature, transcende les frontières, fait dialoguer les différences et agit comme un catalyseur d’empathie et de grâce. Les écrivains et leurs œuvres sont les émissaires de ce dialogue essentiel; la polyphonie des voix dans la sphère publique est essentielle à tous. Nos récits communs doivent rester une force unificatrice dans un monde déchiré par les divisions politiques.
