Iran : le prix Nobel de la paix Narges Mohammadi condamnée à plus de sept ans de prison

D’après AFP, La Presse canadienne et Le Devoir, 8 et 9 février 2026

La militante des droits de la personne, âgée de 53 ans, a été condamnée à six ans de prison pour rassemblement et collusion en vue de commettre des crimes, a déclaré à l’AFP son avocat, Mostafa Nili, ajoutant qu’elle avait également écopé d’une interdiction de quitter le pays pendant deux ans. La militante a été condamnée dans une autre affaire à un an et demi de prison pour activités de propagande et à deux ans d’exil dans la ville de Khosf, dans la province orientale du Khorassan du Sud, a précisé l’avocat. Selon la loi iranienne, les peines de prison sont non cumulables.

Elle a annoncé sa condamnation lors d’un appel téléphonique à son avocat, le deuxième avec le monde extérieur depuis son arrestation en décembre.

D’après sa fondation, elle n’a pas voulu s’expliquer devant les juges et ne s’est pas exprimée à sa condamnation samedi. Elle considère cette procédure tout au plus comme une farce, a écrit dans un communiqué son mari, Taghi Rahmani, installé à Paris.

La militante avait débuté le 2 février une grève de la faim pour protester contre ses conditions de détention et l’interdiction de téléphoner à ses avocats et à sa famille. Elle a mis fin à sa grève de la faim à son sixième jour, alors que des informations indiquent que son état physique est profondément inquiétant, a indiqué la fondation. Mme Mohammadi a indiqué à son avocat qu’elle avait été hospitalisée trois jours plus tôt, du fait de sa santé qui se détériorait, avant d’être renvoyée en centre de détention, selon cette source.

Elle avait été arrêtée le 12 décembre dans la ville de Mashhad (nord-est) avec d’autres militants, après avoir pris la parole lors d’une cérémonie en hommage à un avocat retrouvé mort.

Ces 25 dernières années, Mme Mohammadi a été à plusieurs reprises jugée et emprisonnée pour son engagement contre la peine de mort et le code vestimentaire strict pour les femmes en Iran. Elle a passé une grande partie de la dernière décennie derrière les barreaux et n’a pas vu ses deux enfants, qui vivent à Paris, depuis 2015.

En décembre 2024, elle avait été libérée pendant trois semaines pour raisons médicales, liées à son état physique après l’ablation d’une tumeur et une greffe osseuse, selon son avocat. Alors que cette permission ne devait durer que trois semaines, la durée de la liberté de Mme Mohammadi s’est prolongée, peut-être parce que les militants et les puissances occidentales ont fait pression sur l’Iran pour qu’il la maintienne en liberté. Elle est restée libre même pendant la guerre de 12 jours qui a opposé l’Iran et Israël en juin.

Mme Mohammadi a continué à militer en organisant des manifestations publiques et en intervenant dans les médias internationaux, allant même jusqu’à manifester devant la tristement célèbre prison d’Evin à Téhéran, où elle avait été détenue.

Même derrière les barreaux, la lauréate du prix Nobel de la paix n’est pas restée silencieuse, organisant des manifestations dans la cour de prison et menant des grèves de la faim, et s’est illustrée en défendant les droits des prisonniers politiques.

Narges Mohammadi avait obtenu le Nobel en 2023 pour son combat contre l’oppression des femmes en Iran et pour la promotion des droits de la personne et la liberté pour tous.

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