
- 6 mars 2026
PEN International salue la recommandation du Bureau du procureur général (OSG) des Philippines, qui invite la Cour suprême à acquitter la journaliste, écrivaine et lauréate du prix Nobel de la paix en 2021, Maria Ressa, ainsi que son ancien collègue, des accusations de diffamation en ligne. La recommandation, soumise le 9 mars 2026, reconnaît que l’affaire a été portée devant les tribunaux après l’expiration du délai de prescription, ce qui signifie que les poursuites sont prescrites en vertu de la loi philippine.
Cette accusation était la seule affaire en cours contre Ressa. Depuis son arrestation initiale le 13 février 2019, Ressa et la plateforme d’information indépendante Rappler, qu’elle a cofondée, ont fait l’objet d’une série de 23 poursuites judiciaires, notamment pour diffamation en ligne, évasion fiscale et violations présumées des restrictions en matière de propriété étrangère. Avec cette décision du Bureau du procureur général, il semble qu’elle n’ait plus à subir cette campagne de harcèlement judiciaire.
Cette affaire trouve son origine dans un article publié en 2012 par Rappler. En juin 2020, un tribunal de Manille a condamné Ressa et un ancien collègue de Rappler pour diffamation en ligne en vertu de la loi de 2012 sur la prévention de la cybercriminalité, à la suite d’une plainte déposée par l’homme d’affaires Wilfredo Keng. La condamnation a été confirmée par la Cour d’appel en juillet 2022 et l’accusée était passible d’une peine pouvant aller jusqu’à six ans d’emprisonnement. Ressa est restée en liberté sous caution pendant qu’elle faisait appel de la décision devant la Cour suprême.
Dans son mémoire, l’OSG a invoqué l’arrêt rendu en 2023 par la Cour suprême dans l’affaire Berteni Causing c. People of the Philippines, qui précisait que les affaires de diffamation en ligne devaient être portées devant les tribunaux dans un délai d’un an à compter de la découverte de l’infraction présumée. La plainte contre Ressa ayant été déposée en 2017, soit plusieurs années après la première publication de l’article et sa découverte présumée par Keng, l’OSG a conclu que l’affaire devait être classée sans suite.
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