RAPPORT SUR LA RÉUNION DE GÉRONE

5 août 2014

Actualités

Par Émile Martel, président du P.E.N. Québec
La réunion du Comité de la traduction et des droits linguistiques (CTDL) du PEN, qui s’est tenue à Gérone, en Catalogne, en Espagne, du 25 au 27 juin, était la dernière sous la présidence de Josep-Maria Terricabras ; membre du PEN catalan, il quitte ses fonctions après deux mandats, mais c’est pour en assumer de nouvelles qui sont singulières puisqu’il a été élu député au Parlement européen sur une liste nationaliste catalane.  Terri, comme tout le monde l’appelle, est un philosophe, professeur de philosophie et traducteur de l’allemand, un homme d’une grande sagesse auquel les membres du CTDL présents ont manifesté leur reconnaissance. Quand on pense que Wittgenstein en catalan, c’est lui, on comprend la subtilité de son intelligence et les défis de traduction qu’il a dû relever.

Les liens entre le CTDL et le PEN Catalan datent d’il y a longtemps et c’est presque toujours un membre de ce Centre qui le préside, si on excepte la présidence macédonienne de Kata Kulavkova pendant un mandat. À la succession de Terri on prévoit élire au prochain congrès, à Bishkek, au Kirghizistan, en septembre, Simona Skrabek, une traductrice Slovène qui vit en Catalogne depuis trente ans. Notre collaboration future avec elle est bien sûr promise et acquise.

Le thème de cette réunion intéressait le P.E.N. Québec au premier chef : Some steps towards a document on Translation. Vous remarquerez donc que presque tout s’est passé en anglais, seule langue partagée par tous les participants, parmi lesquels ont comptait une majorité de francophones venus du secrétariat international, de Belgique, de Suisse, de Hongrie, de France, du Portugal, d’Afrique du sud et des centres Espéranto et Suisse italienne. Nos collègues Kurdes, du Kosovo, du Pays Basque, de Finlande, du Japon et du Tibet devaient aussi pouvoir comprendre et participer.

Dans son rapport d’étape et d’avenir, le président a souhaité un rapprochement fonctionnel entre le CTDL et les autres comités du PEN, et annoncé, pour ainsi dire, la Déclaration de Québec sur les traducteurs et la traduction et les étapes de discussions et de dialogue avant son adoption au 81e Congrès à Québec en octobre 2015. J’ai pris bonne note que dans son esprit cette déclaration pouvait être le premier d’une série de documents  sur le sujet, un peu comme laDéclaration sur le numérique qui a gardé pour plus tard l’épineuse question des droits d’auteur.

Carles Torner, le nouveau directeur exécutif, a mentionné la possibilité d’un CTDL qui aurait trois vice-présidences régionales afin, entre autres, de ne pas imposer à la présidence l’onéreuse obligation d’accueillir dans sa ville ou son pays les réunions annuelles du Comité. Si l’on prend pour probable le maintien d’une présidence européenne catalane, il y aurait donc une vice-présidence pour l’Asie, une autre pour l’Afrique et une troisième pour les Amériques.

Il a aussi mentionné une rencontre très prometteuse, à laquelle j’avais participé à Paris le 24 juin, de John Saul avec Mme Youma Fall, de l’Organisation internationale de la Francophonie. John Saul et lui avaient aussi eu une réunion avec l’Agence de développement international suédois (SIDA) quelques jours plus tôt à Stockholm. Des contacts avec l’UNESCO étaient prochains.

La nouvelle directrice des programmes du PEN à Londres, Romana Cacchioli, qui parle français, Sarah Clarke, responsable des projets de représentation –advocacy , Paul Finnegan, le coordonnateur des Centres ont chacun décrit leur activité et leurs projets.  Programmes éducatifs et auprès de la société civile en Afrique, l’éducation et les droits civiques en Afrique du sud, au Tibet, dans les régions Uygour, en Zambie, au Philippines. Sarah Clarke parle d’un programme appuyé par l’UNESCO et qui porte spécifiquement sur l’écriture en langue minoritaire au Kenya, en Serbie, en Haïti et au Nigéria. Un autre programme de trois ans, appuyé par le Commonwealth, toucherait le Kenya, le Nigéria, l’Afrique du Sud, la Zambie, le Malawi et le Ghana. On prévoit d’ailleurs pour décembre prochain une réunion des 17 Centres africains à Johannesburg afin de coordonner ces actions.

Il y a eu trois sessions de discussion : pour la première, Translation as radical and fundamental experience. Adre Marshall, d’Afrique du sud,  parle des onze langues officielles de son pays et des défis que cela pose. La langue qu’on enseigne à l’école, l’anglais, n’est pas parlée à la maison. Seulement 5% des écoles ont une bibliothèque, souvent gardée sous verre. La formation des maitres laisse à désirer et d’absurdes conflits rendent la situation pire; l’an dernier, par exemple, après de longs préparatifs, la journée d’appui à la lecture a coïncidé avec une grève surprise des professeurs à Port Elizabeth!

Teresa Cadete a ensuite rappelé la lutte de nombreux intellectuels portugais contre la réforme de l’orthographe décrétée par le gouvernement. Cette bataille, qui date de quelques années, met en péril l’intelligence de la langue.   Vous trouverez un lien avec son texte en annexe.

Pour la deuxième session, j’avais été appelé à parler de Creative language : has literary language always a creative power? Informé très tard de cette demande (j’étais déjà en déplacement) et averti encore plus tard qu’elle devait être en anglais, j’ai fait un texte dont je vous joins plus loin dans cette Lettre-info les paragraphes qui parlent du Congrès de Québec, les autres brodant autour d’états d’âmes et d’anecdotes littéraires. Il y a aussi un lien au texte entier en anglais.

Pour la session finale, intitulée On new technologies. Which possibilities do they open for literary creation ? Are they just an instrument that makes writing much easier ? Il y avait deux intervenants. M. Tsutomu Ide, du PEN Japonais, a fait une brillante présentation soulignant les dangers que les nouvelles technologiques brident la créativité littéraire. Le lien est attaché.

Et Lobsag  Chockta, du PEN tibétain, a présenté un émouvant témoignage au sujet des difficultés qu’il y avait, pour les Tibétains de parler, d’enseigner et d’écrire leur langue. Lui-même exilé depuis l’âge de 17 ans, il œuvre à la normalisation du tibétain pour qu’il puisse être utilisé sur le Net. Je vous recommande hautement son intervention, que vous trouverez ci-joint.

Je tiens pour essentiels les liens du P.E.N. Québec avec le CTDL et je crois possible que dans quelque temps nous puissions en accueillir la réunion au Québec ou, en tout cas, au Canada.

Liens:

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