Le cas Gao Yu

14 novembre 2014

Actualités

Gao Yu, âgée maintenant de 70 ans, est l’ancienne rédactrice-en-chef de Economics Weekly et contributrice au journal allemand Deutsche Welle. Au moment de sa disparition elle était en train de rédiger une rubrique titrée « Nature partisane versus nature humaine », qui aurait traité du nouveau leadership du Parti communiste chinois et ses conflits internes. Toutefois, la rubrique n’a jamais été soumise au journal et quand Gao Yu n’a pas participé, comme planifié, à un événement organisé à Pékin le 26 avril 2014 pour commémorer les protestations antigouvernementales brutalement supprimés du 4 juin 1989, ses amis ont signalé sa disparition aux autorités. Gao Yu aurait aussi dû voyager à Hong Kong le 3 mai 2014 pour parler lors de la cérémonie annuelle de remise des prix du Centre indépendant PEN Chine (ICPC) dont elle est membre.

Le 8 mai 2014 une « confession » de Gao Yu a été diffusée sur la chaîne nationale CCTV dans le journal télévisé du matin. Son visage était brouillé, mais son nom complet y apparaissait, ce qui a mis un terme aux incertitudes concernant le lieu où elle se trouvait. Dans l’émission Gao Yu admettait que ce qu’elle avait fait « portait atteinte aux lois et menaçait les intérêts nationaux ». Elle avouait « regretter profondément » ses actions et se déclarait « prête à accepter leur sanction légale ». On craint que cette ‘confession’ ait été arrachée à Gao Yu sous la contrainte, ce qui soulève des soucis au sujet de son bien-être et des doutes sur l’équité de son procès. Le droit à un procès équitable, garanti par l’article 14 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, inclut le droit de tout a chacun à être présumé innocent jusqu’à ce que sa culpabilité ait été légalement établie, de même que le droit à ne pas être forcé de témoigner contre soi-même ou de s’avouer coupable. En tant que signataire du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, qui garantit la liberté d’expression, le droit à ne pas être arrêté ou détenu arbitrairement et le droit à un procès équitable, la Chine est obligée de « ne pas commettre d’actes contraires aux objectifs ou à la raison d’être du traité ».

Selon l’avocat de Gao, les charges retenues contre elle reposeraient sur un document connu sous le titre de « Document numéro 9 », à propos duquel Mme Gao a écrit l’année dernière. Le document préciserait la vision du gouvernement chinois de promouvoir des reformes économiques en même temps qu’il maintiendrait son contrôle idéologique sur la démocratie, la société civile et la liberté de la presse.

L’arrêt de Gao Yu est survenu dans les mois précédant le 25e anniversaire de la répression militaire du mouvement démocratique du 4 juin 1989, dans une situation de répression renouvelée des contestataires.

Pour le plus amples informations et pour obtenir des moyens d’agir, rendez-vous sur la page du PEN International.

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