Turquie : les traductrices İdil Eser et Özlem Dalkıran libérées

4 février 2018

Actualités

Antoine Oury – 08.01.2018

Toutes les nouvelles en provenance de Turquie ne sont pas mauvaises, finalement. Le Conseil européen des associations de traducteurs littéraires rapporte en effet la libération de deux militantes des Droits de l’Homme et traductrices, İdil Eser et Özlem Dalkıran. Arrêtées en juillet 2017 avec plusieurs collègues, elles ont été libérées le 22 novembre 2017 et sont depuis apparues libres.

 

İdil Eser, directrice d’Amnesty International Turquie et traductrice indépendante, a été arrêtée avec neuf autres défenseurs des droits humains lors d’un séminaire qui se tenait sur l’île de Büyükada, à proximité d’Istanbul. Parmi ces collègues, Özlem Dalkıran, elle-même ancienne président d’Amnesty International Turquie, traductrice et auteure. Un mois auparavant, c’est le président d’Amnesty International Turquie, Taner Kılıç, qui était placé en détention, ce qui laissait entrevoir la possibilité d’une action politique contre l’organisation.

Le 17 juillet, les charges qui pesaient contre les militants avaient été dévoilées : « crimes commis au bénéfice d’une organisation illégale, sans en être membres » et « adhésion à une organisation illégale ». En Turquie, il est fréquent que le gouvernement fasse arrêter des opposants ou des citoyens trop critiques en prétextant l’appartenance à une organisation terroriste ou le soutien à une cause terroriste.

Le lendemain, six des dix accusés ont été placés en détention provisoire, dont İdil Eser et Özlem Dalkıran. Le 17 octobre, le tribunal avait confirmé leur mise en détention.

Incarcérée dans la prison de Silivri, İdil Eser avait rédigé une lettre le 12 septembre 2017 pour faire part de sa situation : « Soyez tous assurés que je reste inébranlable dans mes convictions. Je suis très fière d’être la directrice d’Amnesty International Turquie. Dans un monde où la division et la xénophobie progressent, la mission d’organisations telles que la nôtre est fondamentale. Notre cause a encore renforcé la solidarité entre organisations de défense des droits humains, et je m’en réjouis. Mon vœu à présent est d’être dans le même bloc que mes amis arrêtés avec moi », écrivait-elle depuis sa cellule.

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La première audience du procès, dont les et aboutissants ont été expliqués par Amnesty International, a eu lieu le 25 octobre 2017. À l’issue de cette dernière, le juge a libéré les militants, dans l’attente d’une deuxième audience. À cette occasion, la France avait appelé « la Turquie au respect de ses engagements européens et internationaux et relaie ce message lors des contacts à tous les niveaux avec les responsables turcs ».

 

Photo:  Manifestation en faveur de la libération des défenseurs des droits humains. © Amnesty International

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