LIBERTÉ D’EXPRESSION : PAROLES D’ÉCRIVAINS EN DANGER

11 septembre 2019

Actualités, Campagnes

Depuis 2006, le Festival de littérature de Berlin présente tous les 11 septembre l’activité Worldwide Reading, qui veut attirer l’attention sur le droit fondamental à la libre expression, actuellement menacé partout dans le monde.

Cette année, le Centre québécois du P.E.N. international joint sa voix à ce concert. Au-delà des murs de leurs prisons, des femmes et des hommes ont fait parvenir leurs paroles jusqu’à nous. Leurs écrits, d’une grande profondeur, stimulent une réflexion et renforcent notre engagement.

Nous vous convions à lire aujourd’hui quelques textes d’écrivains-es emprisonnés-es, que nous avons eu l’occasion de défendre ces dernières années, en les présentant dans divers festivals littéraires, salons du livre et bibliothèques.

Merci et bonne lecture!

Le conseil d’administration

 


 

Aux personnes déjà membres, votre aide a permis de poser des gestes qui, gouttes d’eau dans la mer, auront, sinon contribué à une libération, du moins sensibilisé le public au droit fondamental à la liberté d’expression. Nous vous en sommes gré.

Si vous n’avez pas encore renouvelé votre adhésion 2019 au Centre québécois du P.E.N. international, vous pouvez le faire à https://penquebec.org/adherer/


 

NOUF ABDULAZIZ AL JEWARI – ARABIE SAOUDITE

 

La photographie de Nouf Abdulaziz n’est pas disponible pour des raisons d’intimité et de sécurité. https://pen.org/2019-freedom-to-write-award/

 

La journaliste, blogueuse et militante pour les droits des femmes saoudiennes Nouf Abdulaziz Al Jerawi a été arrêtée en juin 2018, à la suite d’une vague d’interpellations qui s’est abattue sur les militants des droits de la personne en Arabie saoudite. Partisane d’une réforme constitutionnelle dans son pays, elle a travaillé pour plusieurs médias saoudiens. Elle tenait un blog, aujourd’hui inaccessible, dans lequel elle écrivait sur les atteintes aux droits de la personne. Elle est actuellement détenue sans avoir été inculpée de quoi que ce soit. En 2019, elle a reçu le prix PEN/Barbey Freedom Award de PEN America.

Prenez ma vie…

« Prenez ma vie et ma santé, et tout ce que je possède, si cela est bénéfique pour ma patrie et lui apporte la gloire. Prenez mon présent et mon futur, et tout ce que j’aime, si cela vous plaît et si cela est bénéfique pour notre peuple. Cependant, ne me faites pas de tort et ne me retirez pas mon droit à la vie, à la liberté et à la dignité et tout ce à quoi j’ai rêvé et aspiré, en me sacrifiant pour le bénéfice d’un quelconque intérêt privé… »


 

AHMET ALTAN – TURQUIE

11 sept 1 Altan4

L’écrivain/journaliste turc Ahmet Altan a été arrêté en juillet 2016, car il aurait « envoyé des messages subliminaux » aux putschistes pendant un débat télévisé, la veille de la tentative du coup d’État en Turquie. Emprisonné depuis, il a été condamné en février 2018 à la prison à vie. En juillet 2019, la Cour Suprême de Turquie a cassé sa condamnation à perpétuité. Elle a conclu qu’il n’avait pas commis l’infraction de « violation de la Constitution » et n’a retenu contre lui que celle « d’aide à un groupe terroriste sans être membre ». Pour autant, la Cour a rejeté sa demande de remise en liberté. De sa prison, Altan a envoyé un texte publié dans Le Monde en septembre 2017, dont voici un extrait.

Je vous écris d’une prison (Traduit du turc par Levent Yilmaz)

Tribune

 « Si tout ce qui est est dans un lieu, ce lieu même doit être dans un autre lieu, et ainsi indéfiniment », affirme le fameux paradoxe de Zénon d’Elée. Depuis ma prime jeunesse, j’ai eu la conviction que ce paradoxe était mieux adapté à la littérature, ou aux écrivains, qu’à la physique.

Je vous écris ces mots d’une cellule de prison. Ajoutez la phrase « Je vous écris ces mots d’une cellule de prison » à n’importe quel récit et vous vous retrouverez devant une tension vitale, une voix effrayante qui vous parle d’un monde sombre et mystérieux, un ton de résistance héroïque de la part d’une victime et un appel au secours compassionnel. C’est une phrase dangereuse qui pourrait être utilisée pour exploiter les sentiments des lecteurs. Et les auteurs pourront utiliser ce genre de phrases à leur guise s’ils considèrent qu’il est de leur intérêt de manipuler les sentiments des gens. Percevoir cette intention de l’auteur, parfois, suffit à susciter la pitié du lecteur.

Les rayons du soleil et le chant des oiseaux

Mais, halte! Attendez et écoutez ce que j’ai à vous dire avant de battre les tambours de la miséricorde. Oui, je suis détenu dans une prison de haute sécurité au beau milieu d’un no man’s land. Oui, je demeure dans une cellule où la lourde porte de fer fait un bruit d’enfer en s’ouvrant et en se refermant. Oui, ils me donnent mes repas à travers un trou au milieu de la porte. Oui, même le haut de la petite cour pavée où je fais quelques pas dans la journée est recouvert de grilles en acier.

Oui, je ne suis autorisé à voir personne d’autre que mes avocats et mes enfants. Oui, on m’interdit d’envoyer une lettre, même de deux phrases, à mes proches. Oui, chaque fois que je dois aller à une visite médicale, ils me mettent des menottes qu’ils cueillent parmi les grappes de menottes. Oui, chaque fois qu’ils me font sortir, je reçois des ordres comme des coups de fouet : « Lève les bras, enlève tes chaussures. »

Tout cela est vrai, mais ce n’est pas toute la vérité. Les beaux matins d’été quand les premiers rayons du soleil viennent traverser la fenêtre et pénètrent mon oreiller comme des lances du crépuscule, j’entends les chansons enjouées des oiseaux de passage qui ont niché sous les combles de la cour, mais aussi le son étrange qui sort des bouteilles d’eau vides en plastique, qu’écrasent les prisonniers arpentant les autres cours. Je vis avec le sentiment que je réside encore dans ce pavillon avec un grand jardin où j’ai passé mon enfance ou alors, pour une raison bizarre et que je ne m’explique pas, dans ces hôtels français situés dans des quartiers animés, comme dans le film Irma la Douce.

Je cours le monde et ris parfois

Quand je me réveille avec la pluie d’automne qui frappe à la fenêtre, portant la fureur des vents du Nord, je commence la journée sur les rives du Danube, dans un hôtel avec des torches enflammées qu’on allume tous les soirs. Quand je me réveille avec le murmure de la neige s’empilant de l’autre côté de la fenêtre, en hiver, je commence la journée dans cette datcha aux énormes vitres où le docteur Jivago avait trouvé refuge. Jusqu’à présent, je ne me suis jamais réveillé en prison – pas une seule fois.

La nuit, quel bonheur, je vis des aventures pleines de rebondissements, je cours le monde. Je me promène d’île en île en Thaïlande, d’un hôtel à l’autre à Londres, parmi les rues d’Amsterdam, les labyrinthes secrets de Paris, je dîne dans les restaurants de bord de mer à Istanbul, je m’assois dans les petits parcs cachés entre les rues de New York; les fjords de Norvège sont à moi, ainsi que les petites villes d’Alaska, avec leurs routes barrées par la neige. Vous pouvez me retrouver dans les rivières de l’Amazonie, sur les rivages du Mexique, dans les savanes africaines.

Je parle toute la journée avec des gens que personne n’a vus et que personne ne connaît, des gens qui n’existent pas et n’existeront que le jour où je les coucherai par écrit. J’écoute leurs conversations. Je vis leurs amours, leurs aventures, leurs espoirs, leurs soucis et leurs joies. Je ris parfois en arpentant la cour, parce que j’entends ces conversations ô combien divertissantes. Ce n’est pas ici, en prison, que je veux les mettre sur papier, alors j’imprime tout cela à l’encre noire de la mémoire dans les contrées secrètes de mon esprit.

Je sais que je demeurerai schizophrène aussi longtemps que ces gens resteront dans mon esprit. Je sais aussi que je me transformerai en écrivain quand ces gens commenceront à vivre sur les pages d’un livre. Je prends plaisir à m’amuser parmi les marées basses et hautes de la schizophrénie et de l’écriture. Je m’échappe de la prison comme de la fumée avec tous ces gens dans mon esprit. Ils peuvent avoir le pouvoir de m’emprisonner, mais personne n’aura le pouvoir de me garder en prison.

Pouvoirs magiques

Je suis écrivain. Si tout ce qui est est dans un lieu, ce lieu même doit être dans un autre lieu, et ainsi indéfiniment. Où que vous m’enfermiez, je parcourrai le monde illimité de mon esprit.

D’ailleurs, j’ai des amis partout dans le monde qui m’aident à voyager, dont la plupart me sont inconnus. Chaque œil qui lit ce que j’écris, chaque voix qui répète mon nom me tient la main et m’accompagne dans mon envol de petit nuage au-dessus des plaines, des sources, des forêts, des mers, des villes et de ses rues. Je suis accueilli paisiblement dans ces maisons, dans les salles à manger, dans les chambres à coucher.

Je parcours le monde entier dans cette minuscule cellule. Comme vous pouvez le deviner, je possède une arrogance divine – qui n’est pas souvent confessée, mais qui est chère aux écrivains et qu’ils se transmettent d’une génération à l’autre depuis des siècles et des siècles. Je possède une confiance qui s’est formée comme une perle dans les coquilles de la littérature. Je possède une immunité protégée par l’armure en acier de mes livres.

Je vous écris ces mots d’une cellule de prison. Mais je ne suis pas en prison. Je suis écrivain. Si tout ce qui est est dans un lieu, ce lieu même doit être dans un autre lieu, et ainsi indéfiniment. Vous pouvez m’emprisonner mais vous ne pouvez pas me garder en prison. Parce que, comme tous les écrivains, j’ai des pouvoirs magiques. Je peux traverser les murs avec facilité. Je suis le passe-muraille.


 

NARGES MOHAMMADI – IRAN

11 sept 2 Mohammadi6

Narges Mohammadi est une physicienne, ingénieure et journaliste iranienne, vice-présidente et porte-parole du Centre de défense des droits humains de son pays. Elle a été condamnée à onze ans de prison en 2011 pour « rassemblement et collusion en vue de commettre des infractions compromettant la sécurité nationale » et « propagande contre le régime ». Sa sentence a été réduite à six ans de prison en 2012 et elle a été relâchée pour raisons médicales. En 2016, elle a été arrêtée à nouveau et condamnée à seize ans de prison pour s’être prononcée contre la peine de mort. En 2018, elle a reçu le prix Andrei Sakharov de l’American Physical Society.

Lettre de Narges Mohammadi écrite en prison en 2017 et lue par son frère lors du festival de littérature de Lillehammer. (Traduit de l’anglais par Annie Pénélope Dussault)

Chers amis,

Je vous écris après avoir fini de purger ma peine de 6 ans de prison. La peine de 16 ans vient tout juste de commencer le 14 mars 2017. Si j’ai reçu ces sentences c’est à cause de mon travail au Centre des défenseurs des droits de la personne, à mes activités féministes et à mon opposition à la peine de mort.

Vous vous demandez peut-être ce que j’ai fait ou dit pour mériter un tel châtiment.

Laissez-moi vous raconter une histoire, afin que vous jugiez par vous-même ce que vous feriez si vous étiez ici à ma place ou à la place d’importe quel(le) militant(e) iranien(ne) des droits de la personne. Alors que je purgeais ma peine à la prison de Zanjan, j’ai rencontré une belle jeune femme qui avait passé la majeure partie de sa vie en prison. Elle avait été condamnée à mort alors qu’elle était mineure et avait passé la majeure partie de son enfance et de son adolescence dans l’attente de sa pendaison qui aurait lieu dès qu’elle atteindrait l’âge adulte. Car, selon les règlements les enfants doivent restés en  prison jusqu’à ce qu’ils aient 18 ans, avant d’être exécutés. Chaque jour, j’ai vu sa souffrance. Lorsque j’étais à l’extérieur de la prison, la nature de mes activités au sein du Centre des défenseurs des droits de la personne a fait en sorte que j’étais souvent en contact avec des familles de prisonniers condamnés à mort. J’ai ainsi été témoin de la douleur et de la souffrance horribles que la peine de mort inflige à la société.

Mes chers amis, si vous étiez moi, n’utiliseriez-vous pas votre plume pour tenter de réformer de telles lois?

Si je ne suis pas à vos côtés aujourd’hui dans la belle ville de Lillehammer, c’est parce que je paye aussi le prix pour m’être prononcée et avoir écrit contre l’isolement cellulaire et la torture. L’isolement cellulaire et un exemple flagrant de torture. C’est un lieu où on lave les cerveaux et où on brise la volonté de ceux qui s’opposent au système. Un de mes objectifs était de tenter d’abolir l’isolement cellulaire, qui est malheureusement utilisé par différentes institutions iraniennes telles les Gardiens de la Révolution, le ministère de l’Intelligence et même le système judiciaire.

Mes chers collègues et amis,

Si vous habitez dans des pays où vous jouissez des bienfaits de l’égalité et de la liberté de parole, c’est parce qu’il y a eu des gens qui se sont battus pour ces choses dans le passé et en ont payé le prix. Il y a eu, sans l’ombre d’un doute, des femmes qui se sont battues contre la discrimination des genres et l’inégalité entre les hommes et les femmes. Saviez-vous que mes activités féministes sont une des raisons pour lesquelles je suis en prison? Il est évident que tant qu’il y a aura des lois discriminatoires contre les femmes, il y aura aussi des gens qui se battront contre la discrimination.

Mes chers amis, si je purge une longue peine de prison, c’est à cause de ma lutte aux côtés de mes compatriotes, hommes et femmes, pour la démocratie et soyez assurés que je poursuivrai mes efforts dès que je sortirai de prison.

Chers amis,

Nous avons pour idéaux la paix, la sécurité, la liberté et l’égalité pour tous.

Que reste-t-il aux humains, lorsqu’ils ont perdu leurs idéaux? Narges Mohammadi peut être emprisonnée, comme toute autre militant(e) œuvrant à l’obtention de la liberté et de la justice. Mais peuvent-ils emprisonner nos idéaux? Non! Jamais! Et nous avons la responsabilité commune de protéger les aspirations et idéaux humains et de travailler concrètement à leur réalisation.

Amis et collègues qui vivez dans un monde libre, je m’adresse à vous qui organisez des conférences et essayez de protéger la liberté d’expression. Je crois la paix, la  sécurité et les droits de la personne ne sont réalisables que si nous unissons nos efforts et nous soutenons les uns les autres.

Je vous remercie sincèrement de m’avoir écoutée. Je remercie aussi les organisateurs du festival de littérature de Lillehammer, PEN International qui n’a jamais hésité à m’offrir son appui, l’organisation ICORN et tout particulièrement PEN Norvège qui a fait campagne pour ma liberté d’expression. Je remercie aussi toutes les organisations et individus qui soutiennent la liberté d’expression et les droits de la personne et m’ont manifesté leur appui ainsi qu’à mes collègues emprisonnés partout dans le monde.


 

GALAL EL-BEHAIRY – ÉGYPTE

11 sept 3 Behairy3

Le poète, parolier et activiste égyptien Galal El-Behairy est emprisonné à la prison de Tora au Caire depuis mars 2018. Il fait face à des poursuites devant le tribunal militaire pour son dernier recueil de poésie, Les plus belles femmes du monde, lequel n’a jamais été publié. El-Behairy a également été accusé d’avoir écrit les paroles de la chanson Balaha de l’interprète Ramy Essam, publiée en février 2018. Il a été condamné à trois ans de prison « pour avoir insulté l’armée et pour avoir propagé des nouvelles mensongères (‘fake news’) », en lien avec son livre.

Je prends le pays dans mes bras (traduit de l’anglais par Jean-Pierre Pelletier)

Je prends le pays dans mes bras

et lui parle

de la vie de tous les prisonniers… là-dehors

au-delà des limites de la prison,

au-delà de la poigne du geôlier

et du besoin de chacun… pour son semblable,

d’un rêve

qui était licite

et possible,

d’un poids

qui pourrait être porté

si chacun y prenait part.

 

J’ai un rendez-vous avec demain (traduit de l’anglais par Jean-Pierre Pelletier)

J’ai un rendez-vous avec demain

Mais, mon vieux, je suis en prison

Je voudrais tant te voir demain

Alors viendras-tu me voir, ne serait-ce que dans mes rêves?

Demain n’est pas au rendez-vous avec demain

Et mon cœur suinte le sang!

Entre café et cigarette

Entre matelas et barreaux de la cellule

Entre geôle et geôlier

Entre clairvoyance et égarement

J’attends…

Les murs de la prison ne nous connaissent pas,

Ils ne voient pas l’humain en chacun de nous!

Ils ne connaissent des humains que des prisonniers

Et des numéros

Faisant toujours la queue

Vivant et mourant à la queue-leu-leu

Nous sommes les gens qui naissent et meurent

En attendant…

Ô liberté!

Vous les plus belles des femmes

Vous les plus difficiles des femmes

Je vous implore, venez à un rendez-vous demain

Ne serait-ce que pour un instant…

Apprenez-moi à marcher à nouveau

Donnez-moi un cœur d’acier

Qui ne s’épuise jamais

Et des gens qui aiment sans crainte

Et une promesse nouvelle

Et une promesse jamais entendue avant

Des nuits qui passent, ma brune…

—  Tu le sais —

Dans cette prison

Les nuits sont sans pitié.

Mon cœur est grugé par la crue

Mon âme flageole et se fane.

Il s’avère que la patience ne suffit

Ni ne guérit

Pas plus qu’elle n’est vertu…

Je suis ailleurs

Toi et moi en avons assez d’être ailleurs

Cette aube n’est pas vraie

Cette nuit n’est pas trompeuse

Ô prison hors de moi

Ô soupir emprisonné

Tes murs sont durs, sans portes.

Ô amis et amants

Nous attendons…

Malgré la scène épouvantable

Malgré la lune cachée

Ton odeur est un couteau dans les côtes

Le goût de toi, dans mon esprit, est doux et sucré

Ton amour… une sensation sublime

Que j’atteins avec mon âme, puis je m’effondre.

Des ruines, une image surgit

Douce, sentant l’ambre gris

Une image que l’on peut

interpréter très facilement.

Les années de prison et d’exil

Dans mon cœur, tu sais,

Les lettres de ton nom sont cachées

Sous du rouge à lèvres.

Et mon vieux, je suis assis dans ma cellule

Me visite le rêve, portant un autre rêve

Des feuilles affolées

Faisant place à plus de folie

Et j’attends le rendez-vous de demain

qui arrivera, tard, demain!

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