
- 19 février 2024
Les autorités serbes doivent de toute urgence condamner et traiter les menaces qui pèsent sur les écrivains et les journalistes, ont déclaré aujourd’hui PEN International et PEN serbe, à la suite des attaques persistantes contre les voix indépendantes. La fin de l’impunité pour les crimes contre les écrivains et les journalistes est de la plus haute importance, après que des condamnations historiques pour l’assassinat du célèbre journaliste Slavko Ćuruvija aient été récemment annulées.
Le 2 février 2024, la Cour d’appel de Belgrade a acquitté quatre anciens agents de la sécurité de l’État serbe qui avaient déjà été condamnés à deux reprises pour le meurtre du journaliste, rédacteur en chef et éditeur Slavko Ćuruvija, qui a été abattu devant sa maison à Belgrade en avril 1999. Ćuruvija était un fervent critique de l’ancien président Slobodan Milosevic. Selon le média indépendant Balkan Insight, le verdict, qui fait état d’un manque de preuves fiables, a été rendu le 19 avril 2023, mais n’a été rendu public que le 2 février 2024 et est définitif. Cette décision envoie un signal dangereux : les attaques contre les écrivains et les journalistes en Serbie resteront impunies.
« PEN International réprouve l’acquittement des anciens agents de la sécurité de l’État serbe qui avaient été condamnés pour leur rôle dans le meurtre de Slavko Ćuruvija. L’indignation ressentie en Serbie et au-delà est une réponse justifiée à un verdict qui a provoqué une onde de choc parmi les écrivains et les journalistes serbes, qui travaillent dans une atmosphère de plus en plus toxique et suffocante, dans laquelle l’impunité reste la norme. PEN International demande que tous les responsables de l’assassinat de Slavko Ćuruvija soient traduits en justice. Alors que les voix indépendantes en Serbie sont de plus en plus menacées, nous exhortons une fois de plus les autorités serbes à condamner systématiquement, publiquement et sans équivoque tous les actes de violence et les attaques ciblées contre les écrivains et les journalistes, à garantir des enquêtes de police impartiales, rapides, approfondies, indépendantes et efficaces sur tous les crimes présumés contre les écrivains, et à demander des comptes aux responsables « , a déclaré Ma Thida, présidente du Comité des écrivains en prison de PEN International.
