Iran/France : « Son absence auprès de nous ne sera jamais comblée », confient les enfants de Narges Mohammadi

Magdaline BoutrosLe Devoir

– 10 octobre 2024

« Depuis 1901, cinq lauréats du Nobel de la paix se sont vu décerner la prestigieuse distinction pendant qu’ils étaient en détention. C’est le cas de l’Iranienne Narges Mohammadi, auréolée l’an dernier depuis une cellule de la prison d’Evin, à Téhéran. Ce sont ses enfants, Ali et Kiana Rahmani, vivant en exil à Paris avec leur père, qui ont accepté l’honneur au nom de leur mère, lors d’une cérémonie à Oslo en décembre. Alors que les Nobel de 2024 sont annoncés cette semaine, Le Devoir s’est entretenu avec les jumeaux de Narges Mohammadi, contraints de vivre loin de leur mère, mais portés par son combat pour le droit des femmes.

“Même si la liberté semble bien lointaine et difficile à atteindre, même si l’idée de pouvoir serrer à nouveau notre mère dans nos bras paraît impossible, nous savons qu’elle ne cessera jamais de se battreˮ, mentionnent avec émotion Kiana et Ali Rahmani, 17 ans, dans une série de réponses écrites transmises au Devoir.

Porte-étendard de la lutte contre la théocratie iranienne, Narges Mohammadi, 52 ans, milite depuis plus d’une vingtaine d’années contre la peine de mort et la torture pratiquées par le régime iranien. Depuis 1998, l’activiste pour les droits de la personne a été arrêtée à plus d’une dizaine de reprises par les autorités théocratiques et condamnée à répétition à de sévères peines d’emprisonnement.

“Notre mère a passé plus de 10 ans en prison, dont 135 jours en cellule d’isolement. Malgré toutes les souffrances qu’elle a endurées et sa condition physique actuelle, elle est encore condamnée à purger près de 11 ans en prison. C’est vraiment cruelˮ, dénoncent ses enfants.

Kiana et Ali soulignent que leur mère ne se contente pas de dénoncer le régime des ayatollahs, mais agit avec courage. “Notre mère défie le régime autocratique et refuse d’obtempérer à ses lois sexistes et discriminatoires.ˮ

La lutte de Narges Mohammadi contre l’apartheid fondé sur le genre se fait au prix “de sa vieˮ, s’indignent Kiana et Ali, ajoutant tristement que son “absence auprès de nous ne sera jamais combléeˮ ».

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