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Le journaliste vénézuélien Rory Branker est détenu arbitrairement à Caracas, après avoir été victime d’une disparition forcée pendant plus de 200 jours. Il s’est vu refuser toute garantie judiciaire et l’accès à un avocat indépendant. PEN International demande sa libération immédiate et inconditionnelle, ainsi que la protection de son intégrité physique et psychologique.
Le 20 février 2025, des agents du Service bolivarien de renseignement (SEBIN) du Venezuela ont intercepté Rory Branker à Caracas et l’ont forcé à monter dans un véhicule. Les autorités ont également perquisitionné son domicile, confisquant deux ordinateurs portables et deux téléphones mobiles. Au départ, les agents auraient déclaré qu’ils allaient l’emmener au centre de détention d’El Helicoide; cependant, peu après, sa famille a perdu tout contact avec lui pendant 206 jours.
Le 26 février 2025, le ministre vénézuélien de l’Intérieur et de la Justice, Diosdado Cabello, a déclaré dans son émission télévisée Con el mazo dando que Branker « avait été arrêté pour avoir extorqué des personnes en publiant de fausses informations et pour d’autres crimes (…) afin de créer des récits médiatiques contre le gouvernement et le peuple vénézuéliens ». La Commission interaméricaine des droits de l’homme (CIDH) a accordé des mesures de protection en faveur de Rory Branker, estimant qu’il courait un risque grave et urgent de subir un préjudice irréparable à ses droits à la vie et à l’intégrité physique, le 29 août 2025.
Branker est actuellement détenu dans les cellules de la Police nationale bolivarienne (PNB) à Boleíta (Zone 7), Caracas. Sa détention illustre la répression continue des autorités vénézuéliennes à l’encontre du journalisme indépendant et des voix critiques. PEN International réitère ses appels au gouvernement pour qu’il respecte ses obligations nationales et internationales, qu’il respecte pleinement les droits fondamentaux et qu’il le libère immédiatement.
La persécution des journalistes au Venezuela s’est intensifiée depuis les élections présidentielles du 28 juillet 2024. PEN International a recensé au moins dix cas de journalistes détenus arbitrairement en représailles à leur travail et à l’exercice de leur liberté d’expression, et faisant l’objet d’accusations sans fondement, notamment de « terrorisme », d’« incitation à la haine » et d’« association de malfaiteurs », passibles de peines pouvant aller jusqu’à 20 ans de prison.
La CIDH, grâce à son suivi continu, a enregistré un large éventail de violations de la liberté d’expression au Venezuela. Il s’agit notamment de perquisitions arbitraires, de violences contre des journalistes lors de manifestations, de confiscation ou de révocation de passeports appartenant à des journalistes et à des défenseurs des droits de la personne, d’extorsion, de censure, de stigmatisation et de menaces de la part des autorités étatiques. La CIDH a également noté la fermeture de stations de radio, des restrictions sur les contenus en ligne et une surveillance numérique étendue.
Face à ces pressions, de nombreux journalistes se sont sentis obligés de prendre des mesures pour assurer leur propre protection, notamment en pratiquant l’autocensure. De nombreux professionnels des médias ont fui le pays, affaiblissant encore davantage le secteur déjà fragile des médias indépendants au Venezuela.
Au cours de la période entourant les élections présidentielles du 28 juillet 2024 — qui, selon le Carter Center, n’ont pas respecté les normes internationales en matière d’intégrité électorale et ne peuvent être considérées comme pleinement démocratiques —, les attaques contre les membres de la presse ont fortement augmenté.
Depuis lors, les signalements de harcèlement, de détention et de disparitions forcées de journalistes se sont poursuivis. Avec le soutien de l’ONG vénézuélienne Espacio Público, PEN International a recensé les cas de journalistes qui ont été arbitrairement détenus ou ont disparu de force en raison de leurs reportages ou pour avoir exprimé des opinions critiques à l’égard des autorités.
Comment vous pouvez aider :
1. Écrivez un message d’espoir à Rory Branker (nous le faire parvenir à quebec.pen@gmail.com)
2. Écrivez aux autorités vénézuéliennes et à vos contacts diplomatiques
PEN International exhorte les autorités vénézuéliennes à :
• Libérer Rory Branker immédiatement et sans condition. .
• De lui permettre d’avoir immédiatement accès à un avocat indépendant et de contacter sa famille.
• Respectez son droit à un procès équitable et à une défense juridique complète.
Envoyez vos appels à :
Fonction : Procureur général du Venezuela
Contact : cooperación.internacional@mp.gob.ve ; asuntosinternacionales.mp.ve@gmail.com
Alfredo José Ruiz Angulo
Fonction : Médiateur de la République bolivarienne du Venezuela
Contact : contacto@defensoria.gob.ve
Veuillez également envoyer des copies électroniques à l’ambassade du Venezuela dans votre pays. Vous trouverez les adresses des ambassades ici.
Veuillez informer PEN International de toute action que vous entreprenez et de tout commentaire que vous recevez, à quebec.pen@gmail.com.
3. Partagez la campagne sur les réseaux sociaux
