
La journaliste Mzia Amaglobeli purge une peine de deux ans de prison en Géorgie pour des motifs politiques. Elle doit être immédiatement libérée, son droit à un procès équitable doit être respecté et ses allégations de mauvais traitements infligés par la police doivent faire l’objet d’une enquête rapide et approfondie.
Le 6 août 2025, le tribunal municipal de Batoumi a condamné Mzia Amaglobeli à deux ans de prison pour « résistance, menace ou violence à l’encontre d’un agent public » en vertu de l’article 353 du Code pénal géorgien, après qu’elle eut giflé le chef de la police de Batoumi, Irakli Dgebuadze, lors d’une répression de manifestations pacifiques dans la ville du sud-ouest du pays, le 12 janvier 2025.
Amaglobeli a d’abord été placée en détention le 11 janvier 2025 pour des motifs administratifs après avoir apposé un autocollant lié à une grève prévue à l’entrée d’un commissariat de police à Batoumi, puis elle a été libérée sous caution le lendemain. Alors qu’elle s’adressait à ses partisans devant le commissariat, la police a commencé à arrêter plusieurs personnes parmi celles qui s’étaient rassemblées, ce qui a donné lieu à une altercation entre Amaglobeli et Dgebuadze. La police a rapidement arrêté Amaglobeli pour des accusations manifestement disproportionnées d’agression contre un agent de police (article 353(1) du Code pénal), passibles d’une peine de quatre à sept ans de prison. Ses demandes de libération sous caution ont été rejetées à plusieurs reprises.
La santé d’Amaglobeli s’est gravement détériorée pendant sa détention. Elle a mené une grève de la faim de 38 jours pour protester contre son arrestation. Souffrant de kératocône, une maladie dégénérative de l’œil, elle a commencé à perdre la vue et risque de devenir aveugle. Lors d’une audience le 14 juillet 2025, Amaglobeli a témoigné des mauvais traitements qu’elle a subis de la part de la police, notamment des insultes et des crachats, le refus de lui donner accès à l’eau et aux toilettes, et le rejet initial de ses demandes répétées de parler à ses avocats. Bien qu’elle ait signalé ses allégations au Service d’enquête spécial (SIS), un organisme chargé d’enquêter sur les crimes commis par des fonctionnaires, personne n’a été tenu responsable à ce jour. Sa condamnation pour des motifs politiques a suscité un tollé national et international, les missions diplomatiques de 24 pays en Géorgie publiant une déclaration commune exigeant sa libération immédiate.
Le cas de Mzia Amaglobeli est emblématique de la répression incessante et généralisée menée par les autorités géorgiennes contre les voix indépendantes en Géorgie, comme le montre un rapport conjoint soumis à l’ONU par PEN Georgia, PEN International et PEN America. Ces organisations réitèrent leur appel aux autorités géorgiennes pour qu’elles respectent leurs obligations nationales et internationales et garantissent pleinement les droits fondamentaux.
Née le 12 mai 1975, Mzia Amaglobeli a commencé sa carrière de journaliste en 2000 et a notamment cofondé deux sites d’information en ligne indépendants et primés, la plateforme Netgazeti et le journal Batumelebi, qui traitent des violations des droits de la personne en Géorgie, ainsi que des cas de corruption. Netgazeti et Batumelebi, tout comme d’autres médias indépendants et organisations de la société civile, sont au bord de la faillite et menacés de fermeture en raison des lois de plus en plus répressives adoptées par les autorités géorgiennes. Militante convaincue, Mzia Amaglobeli a également lancé un projet appelé Bookmobile, qui, en 2021 et 2022, a permis d’apporter des livres aux enfants et aux adultes de nombreux villages et d’organiser des discussions avec des écrivains géorgiens.
Elle est lauréate du prix Sakharov 2025 pour la liberté de pensée, qui sera décerné par le Parlement européen le 16 décembre.
Comment vous pouvez aider :
1. Écrivez un message d’espoir à Mzia Amaglobeli (nous l’envoyer à quebec.pen@gmail.com)
2. Écrivez aux autorités géorgiennes et à vos contacts diplomatiques
PEN International demande la libération immédiate de Mzia Amaglobeli, le respect de son droit à un procès équitable et l’ouverture d’une enquête rapide, indépendante, impartiale et efficace sur ses allégations de mauvais traitements infligés par la police. Les responsables doivent être traduits en justice. PEN International appelle en outre les autorités géorgiennes à mettre fin à leur répression alarmante de la dissidence, notamment en abrogeant les lois draconiennes qui portent atteinte à la liberté d’expression, d’association et de réunion pacifique.
Envoyez vos appels à :
Mikheil Kavelashvili
Fonction : Président de la Géorgie
Adresse : 1 Abdushelishvili St, Tbilissi 0103, Géorgie
Contact : info@president.ge
Irakli Kobakhidze
Fonction : Premier ministre de Géorgie
Adresse : 7, rue Ingorokva, Tbilissi 0114, Géorgie
Contact : https://www.facebook.com/KobakhidzeOfficial/
Levan Ioseliani
Fonction : Défenseur public (médiateur) de Géorgie
Adresse : Irakli Paghava Street N6. Avlabari, Tbilissi 0144, Géorgie
Contact : info@ombudsman.ge
Veuillez envoyer des copies électroniques à l’ambassade de Géorgie dans votre pays. Vous trouverez les adresses des ambassades ici.
Veuillez informer PEN International (quebec.pen@gmail.com) de toute action que vous entreprenez et de tout commentaire que vous recevez.
3. Partagez la campagne sur les réseaux sociaux
Faites connaître le cas de Mzia Amaglobeli sur les réseaux sociaux. Utilisez les exemples de messages ci-dessous avec les hashtags #MziaAmaglobeli et #DayoftheImprisonedWriter, en taguant @peninternational.bsky.social (Bluesky), @peninternational (Instagram) et facebook.com/peninternational (Facebook).
BlueSky
#DayoftheImprisonedWriter : La journaliste #MziaAmaglobeli est emprisonnée en Géorgie pour des motifs politiques. Nous demandons sa libération immédiate, un procès équitable et la pleine responsabilité des abus policiers.
#DayoftheImprisonedWriter : PEN International demande la libération immédiate de la journaliste Mzia Amaglobeli. Elle purge une peine de deux ans de prison en Géorgie pour des motifs politiques. Nous exhortons les autorités géorgiennes à :
• La libérer immédiatement.
• Respecter son droit à un procès équitable.
• Mener une enquête rapide, indépendante, impartiale et efficace sur ses allégations de mauvais traitements infligés par la police.
• Mettre fin à la répression alarmante des dissidents, notamment en abrogeant les lois draconiennes qui portent atteinte à la liberté d’expression, d’association et de réunion pacifique.
La liberté d’expression n’est pas un crime.
#MziaAmaglobeli
#DayoftheImprisonedWriter : Une journaliste derrière les barreaux pour avoir exprimé des opinions dissidentes.
PEN International demande la libération immédiate de Mzia Amaglobeli, condamnée à deux ans de prison en Géorgie pour des motifs politiques. Nous demandons que justice soit faite, qu’un procès équitable ait lieu et que les abus policiers soient pleinement pris en considération. La Géorgie doit mettre fin à sa répression des dissidents et respecter la liberté d’expression.
