Iran : Mohammadi entre la vie et la mort

AFP

  • 5 mai 2026

L’Iranienne Narges Mohammadi, lauréate du prix Nobel de la paix détenue en Iran depuis décembre, se trouve « entre la vie et la mort » après son hospitalisation en urgence le week-end dernier, selon son avocate. « Nous n’avons jamais eu aussi peur pour la vie de Narges, elle risque à tout moment de nous quitter », a déclaré mardi Me Chirinne Ardakani lors d’un point presse de son comité de soutien à Paris. « On ne se bat pas que pour sa liberté, on se bat pour que son cœur continue de battre », a-t-elle ajouté.

La militante de 54 ans a été transférée début mai de la prison de Zanjan (nord) à un hôpital de la région « à la suite d’une dramatique détérioration de son état de santé, marquée notamment par deux épisodes de perte totale de conscience et une crise cardiaque », selon un communiqué de sa fondation publié vendredi.

« Quand on dit aujourd’hui qu’elle est entre la vie et le mort, c’est la première fois qu’on dit qu’il y a un risque de mort. Il y a un danger de mort aujourd’hui, il faut agir avant que ce soit trop tard », a insisté mardi le responsable du Moyen-Orient à Reporters sans frontières (RSF), Jonathan Dagher.

Alors que les deux enfants de Narges Mohammadi ainsi que son mari vivent à Paris, Mme Ardakani a exhorté Emmanuel Macron à adopter une ligne plus ferme dans cette affaire. « Nous attendons du président une position forte. Je ne pense pas que ce soit excessif » de faire une telle demande, a déclaré l’avocate.

Mme Mohammadi a perdu 20 kg en prison, a des difficultés à s’exprimer et est actuellement « méconnaissable » par rapport à son état avant sa dernière arrestation, selon elle. Les soutiens de la militante souhaitent qu’elle soit transférée à Téhéran pour être soignée par son équipe médicale personnelle.

Le 29 mars, PEN International rapportait que, malgré des semaines de difficultés de communication en Iran, l’équipe médicale de Mohammadi, accompagnée d’un membre de la famille, lui avait rendu visite, sous haute surveillance, à la prison de Zanjan. Son état de santé général était extrêmement bas, et elle est apparue pâle et faible, montrant une importante perte de poids.

Le 24 mars, Mohammadi avait été trouvée inconsciente dans son lit, les yeux révulsés. Selon ses camarades de cellule, cet état a duré plus d’une heure. Elles ont raconté l’avoir enveloppée dans une couverture et transportée à l’infirmerie pour femmes, où on lui a administré des médicaments pour la ramener à la conscience. En dépit de l’urgence médicale et des signes évidents d’une crise cardiaque, les autorités ont refusé de la transférer à l’hôpital ou de lui permettre de consulter un spécialiste.

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