Le C.A. du PEN de Turquie accusé

12 février 2013

Nouvelles protestations

13 janvier 2013

PEN International condamne vivement les poursuites engagées en janvier par le procureur d’Istanbul à l’encontre du conseil d’administration du centre PEN de Turquie pour allégation d’insulte de l’État turc, qui relève de l’article 301, très controversé, du code pénal turc.

Ces poursuites ont été engagées à la suite de la publication, sur le site Internet du centre PEN de Turquie, le 3 juin 2012, d’un article protestant contre la mise en accusation du pianiste classique et écrivain Fazil Say, à qui il est reproché d’avoir publié sur un média social des propos portant atteinte « aux valeurs religieuses ». Son procès s’est ouvert en octobre dernier. L’article en question évoque une « évolution fasciste » en Turquie. Au titre de l’article 301 du code pénal turc, toute insulte visant la République turque, l’ethnicité turque ou les institutions gouvernementales turques est un délit.

Le 25 décembre 2012, un officier de police s’était présenté aux bureaux du centre PEN de Turquie, à Istanbul, demandant à ce que lui soient remises les coordonnées de l’ensemble des membres du conseil d’administration du centre. Si le ministère public turc décidait de donner suite, le président du centre PEN de Turquie, Tarık Günersel, son vice-président, Halil İbrahim Özcan, son secrétaire général, Sabri Kuşkonmaz, le secrétaire chargé des relations internationales, Ahmet Erözenci, son trésorier, Tülin Dursun, les membres ordinaires que sont Zeynep Oral et Mario Levi, et le poète et critique Nihat Ateş (qui a mis en ligne le contenu du site Internet de PEN), rejoindraient les dizaines d’écrivains qui ont d’ores et déjà été traduits devant la justice turque en vertu d’une disposition qui est en parfaite contradiction avec le principe de la liberté d’expression et largement condamnée, en Turquie comme dans le reste du monde.

John Ralston Saul, président de PEN International : « Cette attaque extraordinaire vise tous les membres du conseil d’administration du centre PEN de Turquie, qui ont été élus par leurs collègues résidant sur l’ensemble du territoire turc. Par ailleurs, cette charge est une manipulation d’une disposition qui, dans un contexte de normes internationales en matière de liberté d’expression, ne devrait même pas exister. Le président du centre PEN de Turquie faisait récemment partie de la délégation officielle de PEN International venue en Turquie exprimer ses inquiétudes auprès du chef de l’État turc, Abdullah Gül, et du ministre des affaires européennes, Egemen Bağış, quant à l’état de la liberté d’expression dans le pays. »

Dans une déclaration officielle remise au juge, le conseil d’administration du centre PEN turc indique : « En conséquence d’un article exprimant le soutien que nous avons apporté, le 3 juin [2012], en qualité de conseil d’administration du centre PEN turc, à Fazıl Say, nous avons été convoqués par le procureur et sommés de produire une déclaration officielle au titre de l’article 301. Le 10 janvier 2013, nous avons remis une déclaration officielle. Dans l’article qui fait l’objet de la plainte, nous disions ce qui suit :

Nous, en qualité de centre turc de PEN, association internationale d’écrivains, condamnons fermement et accueillons avec consternation la [nouvelle] selon laquelle notre estimé pianiste et écrivain, Fazıl Say, comparaît devant le juge. La communauté internationale est en alerte devant l’évolution fasciste que connaît la Turquie.

Dans la déclaration officielle que nous avons remise en qualité de conseil d’administration, nous avons rappelé que les propos ci-dessus exprimaient notre pensée et se voulaient critiques, qu’ils n’entendaient pas constituer une insulte. Nous avons souligné que nous exercions notre droit à la critique, qui est un droit constitutionnel et licite. Par conséquent, nous demandions au juge de rendre une décision contre l’engagement de poursuites. »

PEN International condamne fermement cette violation de la liberté d’expression et appelle le gouvernement turc à abandonner sans attendre les poursuites engagées contre le centre PEN de Turquie, d’une part, et d’autre part à abroger l’intégralité des dispositions de l’article 301.

PEN International s’est donné pour double mission de célébrer la création littéraire et de promouvoir la liberté d’expression. Fondée en 1921, notre communauté internationale d’écrivains compte aujourd’hui 144 centres dans plus de 100 pays. Nos programmes, campagnes, manifestations et publications sont autant de passerelles entre écrivains et lecteurs, dans un esprit de solidarité et coopération internationales. PEN International est une organisation apolitique et jouit d’un statut consultatif auprès de l’ONU et de l’UNESCO. http://www.pen-international.org

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