RÉSIDENT 2006: GÉRALD ALEXIS, ORIGINAIRE D’HAÏTI

Gérald Alexis est né à Haïti où il a mené une importante carrière dans le domaine de la muséologie : commissaire des expositions au Musée du panthéon national haïtien de 1983 à 1991, directeur-conservateur du Musée d’art haïtien de 1992 à 1998, conseiller artistique à la Galerie Nader de Pétionville de 1999 à 2003. Il a également enseigné l’histoire de l’art et collaboré à de nombreuses revues à travers le monde. Il détient une maîtrise en histoire de l’art de l’Université du Texas (U.S.A.) et il est membre de l’Association internationale des critiques d’art. En 2004, il quitte Haïti pour s’établir dans la ville de Québec. Il signe plusieurs articles dans les revues Vies des arts et Nuit blanche.

Chronique d’un séjour réussi en « résidence »

Par Gérald Alexis

Quel honneur, tout d’abord, d’avoir été sélectionné par le Centre québécois de P.E.N International pour être candidat au programme d’accueil d’écrivain en exil. J’allais être le premier dans la ville de Québec. J’étais, semble-t-il, le premier aspirant à écrire sur l’art. Aussi, mon dossier envoyé au Conseil des Arts du Canada a-t-il été soumis à un jury spécialisé en arts visuels qui donnerait alors une opinion favorable ou non au jury littéraire de qui dépendait la décision finale. Que de délibérations ! Suivit une longue attente. Un jour, au début de l’hiver, arriva la bonne nouvelle. Peu après, l’Institut Canadien, qui suivait le dossier, m’invita à une visite officielle de l’appartement qui serait mis à la disposition de l’écrivain en résidence. Superbe ! Et puis nous sommes passés à la planification de ce séjour plein de promesses. J’allais vite réaliser que, plus que des promesses, ce séjour en résidence serait plein de réalisations, d’accueil cordial de personnalités du monde des arts et des lettres et de rapports humains chaleureux. À tout cela allait s’ajouter la grande disponibilité de l’équipe de l’Institut Canadien et sa confiance tant appréciée, confiance que reflétaient les responsabilités qui m’étaient données dans l’organisation d’activités diverses prévues durant ma résidence. Mais ce programme n’était pas fait que de mondanités. Il y avait aussi le travail facilité par les équipements les plus modernes et les accès à des sources iconographiques et documentaires précieuses. Beaucoup m’ont parlé de la liberté d’écrire. A cela, je réponds chaque fois que, dans les pays où l’écriture est une activité difficile ou dangereuse, on finit par se faire une raison et on écrit envers et contre tout. On se dit qu’au pire, on écrit pour les générations à venir si par des interdits, ou par manque de moyens nos écrits ne parviennent pas à nos contemporains. Pendant ce séjour, je n’ai donc pas joui, à proprement parler, d’une « liberté », mais plutôt de facilités qui m’ont été offertes et, par-dessus tout, d’encouragements par ceux et celles avec qui j’ai établi un dialogue productif, lequel se poursuit au-delà de mon séjour dans l’élégant appartement du Vieux Québec.

Gérald Alexis

Plus de détails sur cette résidence sur le site de la Maison de la littérature. 

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