Déclaration orale de PEN International à l’occasion de la 57e session de la Commission de la condition de la femme (CSW)

15 mars 2013

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Déclaration orale de PEN International à l’occasion de la 57e session de la Commission de la condition de la femme (CSW)

Première association d’écrivains au monde, PEN International a vocation à défendre la liberté d’expression et à promouvoir la littérature. Elle s’appuie sur un réseau de 145 centres actifs dans plus de 100 pays, et son comité des femmes écrivains travaille directement avec les femmes de plume que sont les journalistes, les poétesses, les romancières, les traductrices et les bloggeuses.

Les femmes écrivains et la liberté d’expression

La liberté d’expression, telle que la définissent la Déclaration universelle des droits de l’Homme et la Convention internationale relative aux droits civils et politiques, est un droit humain fondamental et la clef de voûte de toute démocratie. Les femmes écrivains, grâce à leur engagement pour la libre circulation des idées, des opinions et des informations, jouent un rôle crucial dans l’avancement d’une société plurielle, inclusive et égalitaire. Crucial, également, pour l’avancement des femmes dans la société et la protection de leurs droits, est leur rôle de rapporteur de l’état des droits de l’Homme dans le monde, y inclus des violences faites aux femmes. Hélas, les études et travaux menés par PEN International indiquent que les femmes écrivains sont trop souvent victimes de violences – tant de l’État que d’acteurs non étatiques – dans une tentative de les punir et les dissuader de poursuivre cet engagement crucial.

Les violences faites aux femmes écrivains inquiètent le monde entier. PEN International campagne actuellement sur des cas de brutalité faite aux femmes en Russie, où la justice n’est pas encore faite sur l’assassinat des journalistes Anna Politkovskaya et Natalia Estemirova ; au Pakistan, où la fusillade contre la jeune bloggeuse engagée pour la scolarisation des filles, Malala, âgée de 11 ans, a secoué le monde entier ; au Liberia, où Mae Azango, qui parle des mutilations génitales féminines, s’est vu menacée de se « faire couper » si « [elle] ne la fermai[t] pas » ; au Mexique où Lydia Cacho, journaliste d’investigation, a été agressée et forcée à se cacher en raison de ses révélations sur les maltraitances et l’exploitation sexuelle des enfants.

Malheureusement, ces exemples ne représentent qu’une fraction du nombre choquant de telles violences. Le comité des femmes écrivains de PEN International suit activement des dossiers impliquant des femmes écrivains victimes de viols, d’agressions, de harcèlement, de passages à tabac lors d’interrogatoires, et dont les proches, et même, dans certains cas, l’enfant qu’elles attendaient, ont fait l’objet de menaces en représailles. Bien que le contexte de ces abus varie grandement, il est clair que dans tous les cas, les femmes écrivains ont été une cible directe en raison de leur rôle dans l’avancée de la liberté d’expression.

Les violences et les actes d’intimidation que subissent les femmes écrivains visent non seulement à les faire taire, mais encore à créer un climat de peur sur la liberté d’expression dans la société. Dès lors que ces violences sont tolérées, c’est l’ensemble de la société qui souffre.

Les mesures à prendre

Les mesures de protection des femmes écrivains qui existent à l’heure actuelle sont très limitées. Aussi, PEN International en appelle à tous les États membres, pour qu’ils reconnaissent le rôle crucial des femmes écrivains dans l’avancement de la liberté d’expression, pour qu’ils protégent les femmes écrivains des violences qui leur sont faites, du fait d’organes et fonctionnaires d’État comme du fait d’acteurs non étatiques, pour qu’ils reconnaissent ces violations et offrent des mesures de sécurité efficaces.

Combattre l’impunité est un élément essentiel pour garantir la sécurité des femmes écrivains. PEN International en appelle aux États membres, pour qu’ils s’assurent qu’une telle violence fasse immédiatement l’objet d’investigations impartiales, et que les responsables soient punis en conséquence. Les femmes écrivains doivent être reconnues expertes de leur propre protection : il est essentiel que les efforts entre les agences concernées dans l’éradication et la prévention de la violence impliquent activement les femmes dans la conception des programmes de protection.

PEN est très intéressée dans le renforcement de ses réseaux de soutien des femmes écrivains menacées, et, à ce titre, est heureuse de s’engager avec les organisations partenaires et organes intergouvernementaux dans la conception et la mise en œuvre de mesures de protection.

Les femmes écrivains prennent des risques considérables du fait de leurs travaux en faveur de la promotion de la liberté d’expression. A l’occasion de la Journée internationale de la Femme, PEN International appelle l’ensemble des parties à se joindre à elle pour célébrer leur contribution vitale et leur courage remarquable.

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