Inde : le meurtre d’une journaliste porte un coup dévastateur à la liberté d’expression

9 septembre 2017

Actualités

6 septembre 2017 —Le meurtre, hier, de la journaliste Gauri Lankesh est un coup dévastateur porté à la liberté d’expression. C’est ce qu’a affirmé PEN International, aujourd’hui, en demandant la tenue d’une enquête complète et impartiale sur sa mort.

« Gauri Lankesh était une infatigable militante pour la liberté, la justice, les droits de la personne et les valeurs libérales, et j’ai eu le privilège de l’avoir connue. Elle était courageuse et pleine de grâce, et elle se tenait fermement aux côtés des marginaux et des vulnérables. Elle a combattu la division au moyen de ses mots ; ses adversaires, eux, avaient des balles. Ses tueurs doivent être identifiés et jugés selon la loi en vigueur. Son œuvre résonnera et inspirera les journalistes, en Inde comme ailleurs, pour bien des années encore. », a confié Salil Tripathi, président du Comité PEN des Écrivains en Prison.

Gauri Lankesh, une journaliste chevronnée et rédactrice en chef du tabloïd hebdomadaire de langue Kannada Gauri Lankesh Patrike, a été tuée par balles à son domicile de Bengaluru, dans l’état du Karnataka, le 5 septembre 2017. On suspecte ses assaillants de s’être enfuis sur des motos ; aucun d’eux n’a encore été identifié.

Trois équipes d’enquête ont été mises en place en réponse à ce meurtre, incluant une Unité d’Enquêtes spéciales sous la direction de l’Inspecteur général de la police. De plus, le Ministre en chef a ordonné au service de police de pourvoir à la protection des intellectuels et activistes progressistes dans tout l’état du Karnataka, selon son compte Twitter officiel.

« Nous sommes profondément préoccupés par la menace de plus en plus grave qui pèse sur la liberté d’expression en Inde, et par la manière dont la violence est utilisée impunément… pour faire taire les voix dissidentes. Nous demandons une enquête immédiate et appropriée sur ce meurtre, et nous demandons que les autorités agissent promptement et arrêtent les meurtriers.

Nous nous engageons à continuer de défendre la liberté de parole et d’expression qui était si chère à Gauri. C’est notre hommage à son courage et à son dévouement », a déclaré PEN Delhi dans un communiqué publié après le meurtre de Lankesh.

Lankesh, 55 ans, critiquait de manière incisive le communalisme et la discrimination fondée sur la caste dans ses écrits, et elle défendait activement des causes progressives, en offrant son support, par exemple, aux mouvements étudiants. Le 28 décembre 2016, Lankesh a été reconnue coupable de diffamation à l’endroit de deux membre du BJP relativement à un article publié dans le Gauri Lankesh Patrike en 2008. Elle a reçu une peine de six mois d’emprisonnement et une amende, mais a été libérée immédiatement sous caution en attente de l’appel. 

Lankesh est la seizième écrivain ou journaliste à être victime de meurtre en Inde depuis 2013.

Pour plus d’information, veuillez contacter Emma Wadsworth-Jones à emma.wadsworth-jones@pen-international.org

 

 

Félix Villeneuve

Écrivain

Administrateur au Centre québécois du P.E.N. International

Responsable du Comité de Défense des Écrivains Persécutés (CODEP)

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