Arabie saoudite : 2000e jour derrière les barreaux pour Raïf Badawi

17 novembre 2017

Actualités

Mise à jour #10 du RAN 02/13
 
Le 16 novembre 2017 — PEN International s’oppose énergiquement à la détention arbitraire et prolongée du blogueur Raïf Badawi, qui purge en ce moment une peine de 10 ans de prison en Arabie saoudite. PEN est également profondément inquiet du maintien par le gouvernement saoudien de la condamnation à la flagellation de monsieur Badawi. Celui-ci a subi les 50 premiers de 1000 coups de fouet, le 9 janvier 2015. Après sa première flagellation, et pour raisons médicales, les 950 coups suivants ont été reportés à une date indéterminée.
 
PEN International exhorte les autorités saoudiennes à renoncer à toute intention d’aller de l’avant avec la flagellation incluse dans cette peine, car elle contrevient aux obligations de la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, dont l’Arabie saoudite est un État signataire depuis septembre 1997.
 
PEN International réclame encore une fois l’annulation de la condamnation de Raïf Badawi et demande sa libération immédiate et sans condition. PEN renouvelle aussi sa demande de libération pour l’avocat de monsieur Badawi, Walid Abu al-Khair, qui purge une peine de 15 ans en rapport à l’exercice pacifique de son droit à la liberté d’expression.
 
« L’impact de la détention et de la flagellation de Raïf a été dévastateur pour notre famille, puisque Raïf est emprisonné depuis cinq ans. C’est difficile et pénible pour mes enfants, pour moi, mais surtout pour Raïf lui-même. Je remercie les membres de PEN pour votre appui constant, et nous espérons que vous poursuivrez vos efforts jusqu’à la libération de Raïf. Je reprends espoir, avec les changements qu’on constate en Arabie saoudite ; j’ai confiance que la libération approche. Je supplie le roi Mohammed Bin Salman d’ordonner la libération de mon mari. Je le prie d’intervenir en sa faveur et de permettre que notre famille soit réunie. » — Ensaf Haidar, épouse de Raïf Badawi.
 
Cliquez ici pour lire des extraits d’écrits de Raïf Badawi, en anglais et en arabe.
 
Agissez : partagez ce message sur Facebook, Twitter et les autres médias sociaux.
 
* Demandez aux autorités saoudiennes de mettre immédiatement fin à toute menace d’exécution de la condamnation à la flagellation de Raïf Badawi.
* Réclamez que les autorités saoudiennes libèrent monsieur Badawi et son avocat Walid Abu al-Khair immédiatement et sans condition, puisqu’ils ne sont emprisonnés que pour l’exercice pacifique de leur droit à la liberté d’expression.
* Priez-les de veiller au respect de leurs obligations en vertu de la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants.
* Exigez que l’Arabie saoudite ratifie, sans réserve, le Pacte international relatif aux droits civils et politiques
 
Adressez-vous à :
 
Roi et Premier Ministre
Sa Majesté le Roi Salman bin Abdul Aziz Al Saud
The Custodian of the two Holy Mosques Office of His Majesty
the King Royal Court, Riyadh Kingdom of Saudi Arabia
Fax: (via Ministry of Interior) +966 11 403 3125
Twitter: @KingSalman
Salutation : Votre Majesté
 
Ministre de l’Intérieur
Son Altesse royale le Prince Abdul Aziz bin Saud bin Naif
Ministry of the Interior,
P.O. Box 2933 Airport Road, Riyadh 11,134
Kingdom of Saudi Arabia
Fax : +966 11 403 3125 Twitter : @MOISaudiArabia
Salutation : Votre Majesté
 
Veuillez envoyer une copie de vos exhortations, si possible, au représentant diplomatique de l’Arabie saoudite dans votre pays.
 
*** Veuillez envoyer vos messages sans délai. Demandez l’avis de PEN International si vous en envoyez après le 19 novembre 2017. Gardez-vous au fait de tout message envoyé ainsi que de toute réponse reçue.***
 
Contexte
 
Raïf Badawi a été arrêté à Djeddah le 17 juin 2012 après avoir organisé une conférence pour marquer une « journée de libéralisme ». La conférence, qui devait se tenir à Djeddah le 7 mai 2012, avait été interdite par les autorités. Le 29 juillet 2013, une cour de Djeddah a condamné monsieur Badawi à sept ans et trois mois de prison et à 600 coups de fouet, après l’avoir jugé coupable, en vertu de la loi de la technologie de l’information, d’avoir « créé un site Internet libéral », « adopté des positions libérales » et « insulté l’Islam ». Le juge a ordonné la fermeture du forum Internet, le Réseau libéral saoudien, créé pour faire avancer le débat politique et social.
 
On rapporte que l’appel, soumis par l’avocat de monsieur Badawi, Walid Abu al-Khair, présentait des arguments juridiques et des preuves susceptibles de faire annuler la condamnation et libérer Raïf Badawi. En décembre 2013, on apprenait que la cour d’appel avait infirmé la décision de la cour du district de Djeddah et ordonné que le cas Badawi soit revu par un autre tribunal. On rapporte que Raïf Badawi, qui souffre de diabète, est en mauvaise santé.
 
Le 7 mai 2014, la cour criminelle de Djeddah a condamné Raïf Badawi à dix ans de prison, 1000 coups de fouet et une amende d’un million de riyals saoudiens (quelque 266 631 $ US), pour des accusations d’« insulte à l’Islam » et de « fondation d’un site Internet libéral ». PEN a appris que lorsque Badawi s’est présenté devant le tribunal pour obtenir par écrit le verdict du 28 mai 2014, il a découvert que deux châtiments avaient été ajoutés : une interdiction de voyage de 10 ans et une interdiction de 10 ans à toute participation dans des médias visuels, électroniques ou écrits, à purger après sa libération. Pour plus de renseignements, cliquez ici pour lire une interview de PEN avec sa femme Ensaf Haidar.
 
D’après le Centre For Inquiry (CFI), dans un article du 17 septembre 2014, la cour d’appel saoudienne de la Mecque a confirmé la sentence contre Raïf Badawi et ordonné que les coups de fouet soient administrés par séries de 50, en public, toutes les semaines après les prières du vendredi. Les 50 premiers ont été donnés à l’extérieur de la mosquée al-Jafali, dans la cité portuaire de Djeddah, le 9 janvier 2015. La semaine suivante, les autorités ont remis à plus tard les flagellations suivantes, après qu’un médecin a déclaré que les blessures des coups de fouet précédents n’étaient pas guéries. Le 16 janvier 2015, sa femme Ensaf Haidar, qui vit au Canada avec leurs trois jeunes enfants, a fait savoir que le roi Abdullah avait transmis le cas à la Cour suprême.
 
Le 18 octobre 2016, la Fondation Raïf Badawi a annoncé par communiqué avoir été informée que la peine de flagellation de Raïf Badawi se poursuivrait. À l’encontre des premiers coups de fouet dans un lieu public, la prochaine flagellation se ferait à l’intérieur d’une prison.
 
Pour plus d’information, veuillez contacter Nael Georges, PEN International, Koops Mill Mews, 162-164 Abbey Street, London SE1 @AN/No de tél. : +44 (0) 207 405 0338/Courriel : Nael.Georges@pen-international.org

Version de ce RAN traduite par François Barcelo

 

Félix Villeneuve

 

Écrivain

Administrateur au Centre québécois du P.E.N. International

Responsable du Comité de Défense des Écrivains Persécutés (CODEP)

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