Affaire Hansel et Gretel : l’inquiétude grandit dans la communauté littéraire selon l’UNEQ

21 décembre 2019

Actualités

Montréal, 17 décembre 2019 — L’UNEQ est très préoccupée par la poursuite criminelle à l’encontre de l’écrivain Yvan Godbout et de son éditeur pour un passage du roman Hansel et Gretel (Éditions AdA, 2017).

Arrêté en mars 2019 avec son éditeur, accusé de production et distribution de pornographie juvénile, l’écrivain risque, s’il est déclaré coupable, jusqu’à 14 ans de prison pour avoir décrit le viol d’une enfant par son père — qualifié de « monstre » dans le roman.

Nous avons récemment appris dans La Presse qu’un procès devant jury se tiendra en septembre 2020.

« Bien sûr, on ne peut pas tout écrire au nom de la liberté d’expression ; bien sûr, tout ne peut être dit, publié, partagé ; la loi fixe des limites et, fort heureusement, l’apologie de la pornographie juvénile en est une », déclare Laurent Dubois, directeur général de l’UNEQ, en soulignant que l’UNEQ offre depuis longtemps des formations aux écrivains québécois sur le Code criminel, les droits de la personnalité, le droit d’auteur, etc. (Pour un exemple, cliquez ici.)

« Mais dans le cas d’Yvan Godbout, dans la mesure où la preuve se résume à un livre d’horreur, une œuvre de fiction dans une collection thématique pour public averti, nous sommes inquiets de la tournure des événements », poursuit Laurent Dubois. « Dans ces quelques lignes, aussi pénibles à lire soient-elles, l’auteur nous semble user de sa plume dans le seul but de faire d’un personnage un monstre absolu. »

La communauté du livre s’émeut de la situation vécue par Yvan Godbout. Plusieurs centaines d’écrivaines et d’écrivains, ainsi que des éditrices, des éditeurs et des libraires ont apporté leur soutien à Yvan Godbout dans une lettre d’opinion publiée aujourd’hui par La Presse.

L’UNEQ restera en contact avec M. Godbout et sera à l’affût de tout nouveau développement. Nous évaluons ses besoins et tenterons de lui apporter le soutien nécessaire.

Il est certain que l’issue de cette affaire aura des conséquences importantes pour le milieu littéraire, mais aussi pour tous les artistes au Québec qui, par leurs créations, se font parfois l’écho de réalités douloureuses, de faits de sociétés insoutenables, voire inacceptables.

« L’art a, entre autres fonctions, celle de susciter des émotions et de faire réagir. L’œuvre d’Yvan Godbout en témoigne. Nous sommes en droit de craindre qu’une telle poursuite criminelle mette en danger la liberté d’expression et puisse avoir comme conséquence de museler les créateurs », déclare Suzanne Aubry, écrivaine et présidente de l’UNEQ.

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